Sakura Quest

Année : 2017

Par : P.A Works, Souichi Masui, Masahiro Yokotani, Kanami Sekiguchi

Durée : 22 épisodes

PV

Maoyama était l’une des villes de province qui avait bénéficié il y a plusieurs décennies de cela du programme touristique japonais des « micro-nations ». Elle avait sa mascotte, son « monarque » et son palais dédié. Aujourd’hui le palais tombe en ruines, le festival annuel n’a plus lieu, et la ville a bien du mal à empêcher ses commerces de péricliter. Pour redresser la situation, cinq femmes aux divers backgrounds et compétences sont recrutées, et commencent à former un plan d’attaque. 

La petite ville provinciale de Maoyama sert de théâtre pour mettre en parallèle des problèmes très actuels de désertification rurale, et le parcours individuel touchant de cinq femmes qui ont du mal à envisager leur avenir. Shiori est nostalgique d’une époque révolue, Sanae est une ex-salariée citadine réfugiée à la campagne pour redonner du sens à son travail, Maki et Yoshino sont des filles de la cambrousse montées à Tokyo ayant échoué à y faire carrière qui ont le sentiment de rentrer la queue entre les jambes, et Ririko est une fille du pays surprotégée qui n’a jamais mis un pied en dehors de Maoyama, tout en ne s’y sentant jamais réellement intégrée. En reprenant ensemble la direction du comité touristique, elles travaillent dur pour revitaliser la ville, et en apprennent beaucoup sur elles-mêmes. Personne dans cette série ne se fait d’illusions sur l’avenir de ces petites localités victimes de l’exode rural, mais elles n’ont pas forcément dit leur dernier mot. Comme les filles le découvrent, préserver le patrimoine culturel local et le capital humain n’est pas incompatible avec modernité et ouverture sur le monde extérieur, au contraire. Visuellement la série est un peu limitée par une production modeste, mais elle compense largement par la qualité de l’écriture et ses personnages attachants. 

Ma note : 8/10

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Samourai Flamenco

Année : 2014

Par : Manglobe, Hideyuki Kurata, Takahiro Oomori

Durée : 22 épisodes

PV

Le beau Masayoshi Hazama a un secret. Mannequin le jour, il enfile la nuit un costume rouge et défend les valeurs que ses chers tokusatsu lui ont enseignées, sans l’aide d’aucun super-pouvoir ! Mais le policier Hidenori Gotou se met en travers de sa route. Quels aventures attendent nos intrépides défenseurs de la justice ?

Samourai Flamenco de feu le studio Manglobe fonctionne comme un long hommage au super-héroïsme, majoritairement d’un point de vue culturel japonais, mais avec quelques clins d’œils aux américains. C’est parfois une parodie, parfois une déclaration d’amour, les deux ne sont pas incompatibles. Sa force vient de ses personnages attachants et très humains. Les dialogues sont solides et donnent à réfléchir sur pas mal de thèmes pertinents (évidemment l’héroïsme et son rapport avec le « mal », qui dispense la justice, etc.) et les quelques twists spectaculaires (dont l’un des twists les plus marquants de la décennie 2010) nous tiennent en haleine. Ce n’est pas un anime parfait, l’animation est loin d’être constamment fluide et les transitions entre les arcs ne sont pas toujours très heureuses, mais c’est bourré d’instants mémorables réussis, notamment ceux de pure tragi-comédie humaine. Un joyeux foutoir que je recommande chaudement.

Ma note : 8/10

Terror in Resonance

Année : 2014

Par : MAPPA, Shinichiro Watanabe

Durée : 11 épisodes

PV

Les jeunes prodiges Nine et Twelve forment le duo « Sphinx ». Ils terrorisent Tokyo par des attaques de grande envergure qu’ils revendiquent sur internet, mais se débrouillent pour ne pas faire de victimes. Lisa, une lycéenne maltraitée par ses camarades  se retrouve impliquée dans leurs plans tandis que Shibazaki, un policier blackboulé par ses supérieurs, les traque et tente de découvrir ce qui les pousse à commettre ces actes. 

Ce n’est pas le meilleur anime sur le terrorisme que j’ai vu (allez plutôt voir du côté de Mawaru Penguindrum et de Ghost in the Shell), mais il faut admettre que Shinichiro Watanabe a eu le courage d’attaquer assez frontalement le parti nationaliste pro-militaire japonais, et c’est réconfortant de savoir que des séries mainstreem avec un tel discours peuvent être financées et diffusées. La réalisation est plus qu’impeccable : elle est artistique, et ce qui empêche le show de décoller est son écriture. Je me demande quel impact a eu le format très court du show; les personnages restent trop creux dans leur personnalité et motivations, et la résolution des principaux conflits est expédiée de manière rapide et frustrante. Même si ce n’est pas une excuse dans l’absolu (on peut toujours se débrouiller pour raconter beaucoup et bien en peu de temps), une dizaine d’épisodes de plus aurait potentiellement réglé ces problèmes. Quoi qu’il en soit, ça reste intéressant d’un point de vue visuel et intellectuel, rien que pour les thèmes abordés. 

Ma note : 6/10

Phantom in the Twilight

Année : 2018

Par : Liden Films, Kunihiro Mori, Fumiaki Maruto

Durée : 12 épisodes

PV

Ton et Shinyao sont des étudiantes chinoises qui déménagent à Londres pour poursuivre leurs études. Mais à peine arrivées, elles sont plongées dans le monde inquiétant des « Umbras », des créatures plus ou moins agressives nées de sentiments et fantasmes humains. Ton fait connaissance avec des Umbras domptés par son ancêtre, une puissante magicienne qui a lutté pour la coexistence des hommes et de ces créatures, tandis que Shinyao est capturée par un organisme louche. Ton jure de sauver son amie, avec l’aide de ses nouveaux compagnons. Le jour elle les aide à tenir le café qui leur sert de couverture, et la nuit elle part à la chasse…

Une perle-rare dans le paysage des reverse-harems, grâce à son héroïne volontaire et indépendante qui le reste tout du long et qui ne lâche rien pour sauver sa meilleure amie. Si vous voulez voir un anime de ce genre qui met en valeur les amitiés féminines, qui respecte l’autonomie de son héroïne et dont les prétendants ne sont pas des agresseurs en puissance, vous l’avez trouvé. C’est aussi un anime d’action surnaturelle tout à fait honnête, avec une histoire complète et cohérente : la fin apporte une jolie conclusion aux aventures de Ton et Shinyao tout en résolvant quelques mystères. J’aurais aimé que certains aspects du scénario soient mieux développés, mais ils ont fait comme ils ont pu avec le temps restreint dont ils disposaient. Et en parlant de restrictions, la production est malheureusement dans la norme de ces animes : très médiocre, avec des visuels de plus en plus approximatifs (voire catastrophiques vers le milieu) et des scènes de combats entièrement occultées comme elles n’ont pas pu être animées. C’est décevant, mais pas très étonnant. J’espère que d’autres reverse-harems pourront enchaîner sur ces bonnes idées, tout en recevant des moyens plus adéquats.

Ma note : 6/10

Box of Goblins

Année : 2008

Par : Madhouse, Ryousuke Nakamura, Sadayuki Murai

Durée : 13 épisodes

PV

En 1952, un groupe d’amis érudits (dont les professions vont de détective à vendeur de livres anciens) se réunissent pour essayer de résoudre une curieuse affaire. Suite à un terrible accident de train, la jeune Kanako a disparu de l’hôpital où elle était internée. Peu de temps après d’autres femmes se sont volatilisées, et des boîtes contenant leurs membres découpés ont été découvertes. Où est passé Kanako, et quel est le lien avec les autres crimes commis dans la région ?

Le parfait anime d’enquête policière. C’est difficile de trouver mieux en terme de structure de la narration, de raffinement des dialogues, de subtilité de la mise en scène. Et ça n’a pas dû être particulièrement aisé à adapter : il a fallu reconstituer l’ère Showa, animer un grand nombre de personnages en rendant justice au design des CLAMP, et surtout réécrire un roman très littéraire, qui n’a pas grand chose à voir avec les Light Novels au texte imagé auxquelles nous sommes plus habitués. De plus on devine que les gens de Madhouse ont opté pour une adaptation fidèle, si bien que l’anime est très chargé en séquences de dialogues. Préparez-vous à suivre beaucoup de discussions autour de tables. 

Ça rend Box of Goblins un peu difficile d’accès, mais j’ai trouvé ça magnifiquement exécuté et je ne me suis pas ennuyée une seconde. C’est vrai que toutes les explications concernant la nature des gobelins (ou « mouryou ») peuvent rebuter, mais si on s’intéresse à cette partie de la culture japonaise c’est passionnant, et de toute manière pertinent par rapport à l’intrigue. Deux thèmes principaux sont abordés : la confrontation entre la science et l’occulte (la voie de la raison ne se trouve pas forcément dans le camp où on l’attend) et l’obsession de la perfection, avec en trame de fond le spectre de la seconde guerre mondiale et la découverte de ce qui a été expérimenté. L’intrigue peut paraître complexe et dispersée, mais rien n’est là par hasard et la fin apporte une superbe conclusion qui répond à toutes les questions posées. J’ai revu certains épisodes plusieurs fois pour réfléchir au mystère, il fascine et fait beaucoup travailler les méninges. Impeccable.

Ma note : 10/10

Yama no Susume (2013/2018)

Par : 8bit, Yuusuke Yamamoto, Yuusuke Matsuo

12 épisodes (5 min) + 37 épisodes (15 min)

PV

Aoi est très timide. Elle passe son temps à faire de l’art & craft dans son coin et à éviter les situations sociales angoissantes. Son quotidien est bouleversé quand son amie d’enfance Hinata, au caractère opposé au sien, se retrouve dans la même classe qu’elle au lycée et l’embarque dans sa passion : la randonnée en montagne. 

Des animes de petit format avec des filles mignonnes qui tournent en rond peuvent finir par me lasser, mais quand le groupe a un leit-motiv central repris dans chaque épisode (ici la randonnée en montagne) ça aide à rendre les choses plus intéressantes. Commencé en 2013 avec une toute petite saison, Yama no Susume est devenu avec les années un classique du genre qu’il serait dommage de négliger, surtout qu’il ne demande pas un investissement temporel fou. La première saison se regarde en une demi-heure, et les deux suivantes ont un format court plus standard de 15 minutes par épisode. Si la première ne va pas beaucoup plus loin que la présentation des filles et de leurs premières expériences limitées, la seconde saison a plus de temps pour présenter des randonnées longues et ardues, et la troisième explore la psychologie de ses deux héroïnes et leur évolution à travers leurs expériences. La qualité impressionnante de l’animation combinée à celle de l’écriture en font un divertissement particulièrement agréable, et surtout très consistant. 

NB : Si vous le pouvez, regardez l’OVA Omoide Present entre la seconde et la troisième saison, elle est adorable et ce serait dommage de s’en priver. 

Ma note : 8/10

Asobi Asobase – Workshop of Fun (2018)

Par : Lerche, Seiji Kishi, Yuuko Kakihara, Keiko Kurosawa

12 épisodes

PV

Née de parents américains et élevée au Japon, Olivia est nulle dans la langue de Shakespeare mais fait croire à ses camarades qu’elle est douée pour se donner un genre. Son plan se retourne contre elle quand une certaine Kasumi lui demande de l’aide pour améliorer son anglais. Avec leur amie Hanako, elles finissent par fonder un club de jeu plus ou moins illégal où elles trompent l’ennui entre les cours.

Si devant un énième anime de lycéennes mignonnes qui font des trucs mignons vous pensez « c’est choupi tout ça mais mes années lycées étaient bien plus trash », essayez Asobi Asobase. Les héroïnes de ce show sont des ados de quinze ans dans toute leur splendeur : elles s’ennuient à mort, ont envie d’être populaires et/ou de s’intégrer pour survivre, et leur petit cercle de jeu naît de ces sentiments. Elles ont leurs contradictions, qui servent de base à beaucoup de gags : la « douce » et belle Olivia raconte des mensonges par peur d’être ostracisée, Hanako est une fille à papa désespérée d’être populaire mais tellement déconnectée de la réalité qu’elle échoue systématiquement, et Kasumi est une fausse fille modèle qui peut être incroyablement cynique et mauvaise joueuse quand elle est provoquée. Ajoutez à ça une prof naïve qui ne sait pas trop ce qu’elle fait là, un majordome collant qui peut émettre des lasers avec ses fesses, d’autres personnages plus ou moins loufoques et vous avez une comédie improbable et définitivement hilarante.

Tous les gags ne sont pas du meilleur goût, mais comme les filles sont d’emblée établies comme des ignorantes égocentriques aux intentions douteuses, le spectateur n’est jamais poussé à prendre leur parti ou à partager leur vision étriquée des choses. C’est le genre de comédie où l’on rit des personnages plutôt qu’avec eux, et ça permet au réalisateur de pousser le ridicule dans ses derniers retranchements. Seiji Kishi et son staff se sont surpassé pour cette adaptation, ils ont donné vie aux effroyables dessins du manga avec beaucoup de talent. Et il faut saluer la performance de la jeune Hina Kino dans le rôle d’Hanako, ultime trashlord. Tous les doubleurs font un excellent travail, mais Hina Kino est la vraie star du show, elle s’investit à 200% dans les moindres répliques et pousse son personnage vers des sommets de rage hystérique qui m’ont fait pleurer de rire.

En conclusion, Asobi Asobase est une comédie hilarante qui laisse rarement repartir son spectateur sans un bon fou rire, et je ne dirais pas non à une suite !

Ma note : 8/10