Phantom in the Twilight

Année : 2018

Par : Liden Films, Kunihiro Mori, Fumiaki Maruto

Durée : 12 épisodes

PV

Ton et Shinyao sont des étudiantes chinoises qui déménagent à Londres pour poursuivre leurs études. Mais à peine arrivées, elles sont plongées dans le monde inquiétant des « Umbras », des créatures plus ou moins agressives nées de sentiments et fantasmes humains. Ton fait connaissance avec des Umbras domptés par son ancêtre, une puissante magicienne qui a lutté pour la coexistence des hommes et de ces créatures, tandis que Shinyao est capturée par un organisme louche. Ton jure de sauver son amie, avec l’aide de ses nouveaux compagnons. Le jour elle les aide à tenir le café qui leur sert de couverture, et la nuit elle part à la chasse…

Une perle-rare dans le paysage des reverse-harems, grâce à son héroïne volontaire et indépendante qui le reste tout du long et qui ne lâche rien pour sauver sa meilleure amie. Si vous voulez voir un anime de ce genre qui met en valeur les amitiés féminines, qui respecte l’autonomie de son héroïne et dont les prétendants ne sont pas des agresseurs en puissance, vous l’avez trouvé. C’est aussi un anime d’action surnaturelle tout à fait honnête, avec une histoire complète et cohérente : la fin apporte une jolie conclusion aux aventures de Ton et Shinyao tout en résolvant quelques mystères. J’aurais aimé que certains aspects du scénario soient mieux développés, mais ils ont fait comme ils ont pu avec le temps restreint dont ils disposaient. Et en parlant de restrictions, la production est malheureusement dans la norme de ces animes : très médiocre, avec des visuels de plus en plus approximatifs (voire catastrophiques vers le milieu) et des scènes de combats entièrement occultées comme elles n’ont pas pu être animées. C’est décevant, mais pas très étonnant. J’espère que d’autres reverse-harems pourront enchaîner sur ces bonnes idées, tout en recevant des moyens plus adéquats.

Ma note : 6/10

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Box of Goblins

Année : 2008

Par : Madhouse, Ryousuke Nakamura, Sadayuki Murai

Durée : 13 épisodes

PV

En 1952, un groupe d’amis érudits (dont les professions vont de détective à vendeur de livres anciens) se réunissent pour essayer de résoudre une curieuse affaire. Suite à un terrible accident de train, la jeune Kanako a disparu de l’hôpital où elle était internée. Peu de temps après d’autres femmes se sont volatilisées, et des boîtes contenant leurs membres découpés ont été découvertes. Où est passé Kanako, et quel est le lien avec les autres crimes commis dans la région ?

Le parfait anime d’enquête policière. C’est difficile de trouver mieux en terme de structure de la narration, de raffinement des dialogues, de subtilité de la mise en scène. Et ça n’a pas dû être particulièrement aisé à adapter : il a fallu reconstituer l’ère Showa, animer un grand nombre de personnages en rendant justice au design des CLAMP, et surtout réécrire un roman très littéraire, qui n’a pas grand chose à voir avec les Light Novels au texte imagé auxquelles nous sommes plus habitués. De plus on devine que les gens de Madhouse ont opté pour une adaptation fidèle, si bien que l’anime est très chargé en séquences de dialogues. Préparez-vous à suivre beaucoup de discussions autour de tables. 

Ça rend Box of Goblins un peu difficile d’accès, mais j’ai trouvé ça magnifiquement exécuté et je ne me suis pas ennuyée une seconde. C’est vrai que toutes les explications concernant la nature des gobelins (ou « mouryou ») peuvent rebuter, mais si on s’intéresse à cette partie de la culture japonaise c’est passionnant, et de toute manière pertinent par rapport à l’intrigue. Deux thèmes principaux sont abordés : la confrontation entre la science et l’occulte (la voie de la raison ne se trouve pas forcément dans le camp où on l’attend) et l’obsession de la perfection, avec en trame de fond le spectre de la seconde guerre mondiale et la découverte de ce qui a été expérimenté. L’intrigue peut paraître complexe et dispersée, mais rien n’est là par hasard et la fin apporte une superbe conclusion qui répond à toutes les questions posées. J’ai revu certains épisodes plusieurs fois pour réfléchir au mystère, il fascine et fait beaucoup travailler les méninges. Impeccable.

Ma note : 10/10

Yama no Susume (2013/2018)

Par : 8bit, Yuusuke Yamamoto, Yuusuke Matsuo

12 épisodes (5 min) + 37 épisodes (15 min)

PV

Aoi est très timide. Elle passe son temps à faire de l’art & craft dans son coin et à éviter les situations sociales angoissantes. Son quotidien est bouleversé quand son amie d’enfance Hinata, au caractère opposé au sien, se retrouve dans la même classe qu’elle au lycée et l’embarque dans sa passion : la randonnée en montagne. 

Des animes de petit format avec des filles mignonnes qui tournent en rond peuvent finir par me lasser, mais quand le groupe a un leit-motiv central repris dans chaque épisode (ici la randonnée en montagne) ça aide à rendre les choses plus intéressantes. Commencé en 2013 avec une toute petite saison, Yama no Susume est devenu avec les années un classique du genre qu’il serait dommage de négliger, surtout qu’il ne demande pas un investissement temporel fou. La première saison se regarde en une demi-heure, et les deux suivantes ont un format court plus standard de 15 minutes par épisode. Si la première ne va pas beaucoup plus loin que la présentation des filles et de leurs premières expériences limitées, la seconde saison a plus de temps pour présenter des randonnées longues et ardues, et la troisième explore la psychologie de ses deux héroïnes et leur évolution à travers leurs expériences. La qualité impressionnante de l’animation combinée à celle de l’écriture en font un divertissement particulièrement agréable, et surtout très consistant. 

NB : Si vous le pouvez, regardez l’OVA Omoide Present entre la seconde et la troisième saison, elle est adorable et ce serait dommage de s’en priver. 

Ma note : 8/10

Asobi Asobase – Workshop of Fun (2018)

Par : Lerche, Seiji Kishi, Yuuko Kakihara, Keiko Kurosawa

12 épisodes

PV

Née de parents américains et élevée au Japon, Olivia est nulle dans la langue de Shakespeare mais fait croire à ses camarades qu’elle est douée pour se donner un genre. Son plan se retourne contre elle quand une certaine Kasumi lui demande de l’aide pour améliorer son anglais. Avec leur amie Hanako, elles finissent par fonder un club de jeu plus ou moins illégal où elles trompent l’ennui entre les cours.

Si devant un énième anime de lycéennes mignonnes qui font des trucs mignons vous pensez « c’est choupi tout ça mais mes années lycées étaient bien plus trash », essayez Asobi Asobase. Les héroïnes de ce show sont des ados de quinze ans dans toute leur splendeur : elles s’ennuient à mort, ont envie d’être populaires et/ou de s’intégrer pour survivre, et leur petit cercle de jeu naît de ces sentiments. Elles ont leurs contradictions, qui servent de base à beaucoup de gags : la « douce » et belle Olivia raconte des mensonges par peur d’être ostracisée, Hanako est une fille à papa désespérée d’être populaire mais tellement déconnectée de la réalité qu’elle échoue systématiquement, et Kasumi est une fausse fille modèle qui peut être incroyablement cynique et mauvaise joueuse quand elle est provoquée. Ajoutez à ça une prof naïve qui ne sait pas trop ce qu’elle fait là, un majordome collant qui peut émettre des lasers avec ses fesses, d’autres personnages plus ou moins loufoques et vous avez une comédie improbable et définitivement hilarante.

Tous les gags ne sont pas du meilleur goût, mais comme les filles sont d’emblée établies comme des ignorantes égocentriques aux intentions douteuses, le spectateur n’est jamais poussé à prendre leur parti ou à partager leur vision étriquée des choses. C’est le genre de comédie où l’on rit des personnages plutôt qu’avec eux, et ça permet au réalisateur de pousser le ridicule dans ses derniers retranchements. Seiji Kishi et son staff se sont surpassé pour cette adaptation, ils ont donné vie aux effroyables dessins du manga avec beaucoup de talent. Et il faut saluer la performance de la jeune Hina Kino dans le rôle d’Hanako, ultime trashlord. Tous les doubleurs font un excellent travail, mais Hina Kino est la vraie star du show, elle s’investit à 200% dans les moindres répliques et pousse son personnage vers des sommets de rage hystérique qui m’ont fait pleurer de rire.

En conclusion, Asobi Asobase est une comédie hilarante qui laisse rarement repartir son spectateur sans un bon fou rire, et je ne dirais pas non à une suite !

Ma note : 8/10

School Babysitters (2018)

Par : Brain’s Base, Yuuko Kakihara, Mina Oosawa

12 épisodes

PV

Un tragique accident d’avion a coûté la vie aux parents de Ryuuichi et Koutaro. La directrice d’un grand établissement qui a aussi perdu des proches dans ce crash accepte de les héberger, et en échange Ryuuichi travaille dans la crèche de l’école. Il garde Koutaro et les enfants de profs, et se lie d’amitié avec d’autres lycéens qui lui donnent un coup de main. 

School Babysitters n’est pas évident à recommander, d’un côté c’est difficile de trouver plus adorable que ce show et ses bambins charmants, de l’autre il contient un humour parfois discutable (l’un des gags récurrents porte sur un camarade du héros qui aime un peu trop les enfants…). Il semblerait que le travail de tri du contenu du manga entre ce qu’il y avait à garder et à jeter n’ait pas été bien fait. Heureusement, à part quelques fausses notes, la majorité des personnages et de l’intrigue portent l’anime vers de sommets de douceur qui donneraient des caries aux plus endurcis. En bonus, l’écriture et la mise en scène du baby-sitting sont étonnamment réalistes, et ceux qui ont travaillé avec des enfants s’y retrouveront. 

Ma note : 6/10

The Idolm@ster – Side M (2017)

Par : A-1 Pictures, Takahiro Yamada, Miyuki Kuroki, Yuniko Ayana, Yukie Sagawara

13 épisodes (+ 1 épisode « 0 »)

PV

L’agence d’idoles 315 a une politique peu commune : elle ne limite pas son recrutement à des jeunes gens tout juste sortis du lycée et accepte toutes sortes de profils. Pour Teru Tonda et d’autres carriéristes en plein doute, c’est l’occasion de réinventer leur avenir. 

Side M a souffert d’être un spin-off d’Idolm@ster avec les sexes inversés, et ça se traduit dans cette adaptation de jeu par un nombre d’épisodes restreint et une qualité de production générale inférieure à celle des deux autres séries. Malgré tout, le staff a compensé en montrant beaucoup de passion et d’investissement dans la réalisation, et grâce à cela au moment où il est sorti Side M a été l’un des premiers shows à idoles masculines à être pris au sérieux par un public autre que les fans du genre. Pour se distinguer du lot, le scénario vient avec un twist : presque tous les personnages sont en reconversion, et on trouve des anciens sportifs, des idoles qui changent d’agence, un avocat, des travailleurs à temps partiel, des profs, etc. Ça vient enrichir leur parcours individuel, et ça permet à des adultes d’intégrer les unités, ce qui apporte plus de maturité et de diversité à l’ensemble. Dommage que le format soit trop court pour permettre de développer tout le monde correctement (presque vingt idoles, c’est beaucoup), mais ils ont fait du mieux qu’ils ont pu avec ce qu’ils avaient. C’est un petit show, mais un grand pas dans la bonne direction. 

Ma note : 7/10

Kase-san and Morning Glories (2018)

Par : ZEXCS, Takuya Satou, Kyuta Sakai

Court-métrage (58 min)

PV

La timide Yamada qui s’occupe des plantes du lycée et la jeune athlète populaire Kase sortent ensemble. Les deux filles n’ont pas beaucoup d’expérience, mais elles compensent par leur enthousiasme et l’endurance de leur affection. 

Kase-san & Morning Glories est un passion project réalisé par des gens qui adorent le manga et qui ont tout fait pour lui rendre justice. Le résultat est un concentré de bonheur et d’émotions, porté par une animation magnifique. Le scénario est simplissime, mais quand on sait que la plupart des romances lesbiennes ont traditionnellement tendance à être soit très tordues, soit perdues dans une intrigue fantaisiste complexe et tragique, cette OVA est une véritable oasis de fraîcheur et d’innocence. Elle est rythmée par quatre événements : Yamada prépare un bento pour Kase, Kase va chez Yamada, Yamada et Kase voyagent à Okinawa avec leur classe, Yamada et Kase préparent leur avenir après le lycée. Chaque vignette nous montre les filles à un stade différent de leur relation, et explore comment elles gèrent les angoisses et les désirs que leur inspire tel ou tel événement. Elles en ressortent à chaque fois plus soudées, dans la pure tradition des médias romantiques (il y a même l’inévitable scène de départ à la gare). Les choses sont essentiellement présentées via le point de vue de Yamada, et sa passion pour les plantes donne l’occasion aux réalisateurs d’encadrer le couple d’une végétation luxuriante qui ajoute à leur romance un petit côté enchanteur. Même sans gagner de prix d’originalité, Kase-san est un pas dans la bonne direction, qui montre que les romances lesbiennes n’ont pas à être systématiquement trash et/ou tragiques. Parfois elles peuvent être juste sincères et optimistes, et c’est parfait.