Sarazanmai

Année : 2019

Par : MAPPA, Lapintrack, Kunihiko Ikuhara, Noboyuki Takeuchi

Durée : 11 épisodes

PV

Kazuki, Tooi et Enta brisent la statue d’un kappa et sont transformés en kappa eux-mêmes par Keppi, un prince qui a besoin de leur aide pour vaincre l’Empire des loutres. Cet Empire menace l’humanité en transformant des déviants en zombies, esclaves de leurs désirs incontrôlables. Les trois jeunes garçons s’engagent dans une lutte acharnée, et comme ils utilisent pour se battre la fameuse technique d' »extraction du désir » de Keppi, ils sont forcés à partager eux-mêmes leurs désirs les plus secrets. 

Sans attache à une oeuvre extérieure comme Utena ou Sailor Moon,  sans check de la censure, Sarazanmai est ce qui arrive quand Ikuhara est laissé complètement libre de faire ce qu’il veut avec un projet. J’ai beaucoup aimé le résultat, dès les premières minutes malgré la brutalité de l’introduction. Il faut dire qu’elle nous plonge la tête la première sans filet dans son univers loufoque. Métamorphoses, rituels chantés et dansés, dimensions parallèles, il faut s’accrocher. Pour autant, une fois qu’on a intégré les bases le scénario est facile à suivre, et j’ai trouvé Sarazanmai plus facile d’accès que par exemple Yuri Kuma Arashi, le précédent anime d’Ikuhara, qui avait la tête tellement enfoncée dans son symbolisme qu’il m’a perdue en route. Il n’est pas nécessaire pour celui-là de tout analyser pour en capter l’essentiel, et je suis d’accord avec ceux qui ont remarqué que c’est probablement l’un des shows d’Ikuhara les plus engageants pour les spectateurs qui ne sont pas familiers avec son travail. Mais ça ne veut pas dire que les fans qui adorent décrypter ce qu’il produit n’ont rien à se mettre sous la dent. Entre les jeux sémantiques, les clins d’œils visuels, les parallèles avec d’autres de ses animes et bien sûr tout les métaphores, il y a de quoi s’amuser.

Voilà pour le feeling artistique général de l’anime, et reste les trois personnages au cœur de l’intrigue. Je n’ai pas trouvé Kazuki, Enta et Tooi immédiatement attachants, mais petit à petit je me suis surprise à m’identifier de plus en plus à eux à mesure que l’anime révèle leurs failles, et bien sûr leurs désirs. L’anime explore la tension constante entre d’un côté leur désir d’établir un lien avec autrui (« Tsunagaritai ») et d’autres désirs plus égoïstes qui mettent en péril ce lien (« Je veux mentir », « je veux trahir », etc.). Dans Sarazanmai l’attachement humain ne reste jamais simple et pur, il est mis à l’épreuve, évolue de diverses manières (amitié, amour, désir, obsession…) et peut avoir des conséquences aussi bien salvatrices que destructrices.

Mais au-delà de ces réflexions philosophiques, ce qui a le plus marché pour moi dans cet anime est la comédie. J’ai un gros faible pour les mascottes un peu excentriques qui font des bêtises dans le fond comme l’oiseau dans Tamako Love’s Story (un autre « prince »…) et j’ai tout de suite accroché à Keppi, l’improbable kappa en perpétuelle métamorphose qui sert de mentor (?) à nos héros. De manière générale j’ai adoré tous les gags visuels autour du folklore, et sans hésiter mon épisode préféré était celui où Kazuki et les autres doivent rester sous leur forme batracienne toute la journée. Par contraste, la partie du show que j’ai le moins aimée est l’histoire de Tooi et de son frère, de loin la plus violente et dramatique. j’ai trouvé qu’elle ne collait pas vraiment avec le reste et pêchait par manque d’imagination.

Dans ce qui m’a posé problème, il faut aussi que je mentionne les deux policiers Reo et Mabu. Ils restent très mystérieux pendant la majorité de l’anime, ne révèlent leurs secrets que très tard, et ont causé une petite polémique étant donné qu’il faut aller lire d’autres médias (manga, twitter) pour avoir plus de contexte sur leur situation. Je comprend les gens agacés que l’anime n’ait pas directement intégré ce contenu dans les épisodes, d’autant plus qu’on peut se demander s’il n’aurait pas été plus judicieux de raccourcir les séquences chantées répétitives (et passées quasiment à chaque fois en entier !) pour justement développer ces deux personnages. C’est d’autant plus frustrant que ce que j’ai lu sur leur backstory m’avait l’air très intéressant, touchant, et développait un peu dans la foulée le personnage de Sara qu’on voit trop peu à mon goût.

En conclusion, Sarzanmai est une jolie pierre de plus sur l’édifice construit par Ikuhara au cours de sa carrière, très cohérente avec sa vision artistique, et un peu limitée par des sautes de ton et son choix d’exclure certains éléments du scénario. Je ne pense pas qu’on s’en souviendra comme l’une de ses meilleure série, mais c’est certainement l’une de ses plus funs et accessibles.

Ma note : 8/10

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