Kakuriyo – Bed & Breakfast for Spirits-

Année : 2018

Par : Gonzo, Yoshiko Okuda, Tomoko Konparu

Durée : 26 épisodes

PV

Abandonnée par sa mère quand elle était petite, Aoi a été élevée par son grand-père qui lui a appris à très bien cuisiner. Elle a également hérité de lui le don de communiquer avec les yokai. Après sa mort, elle poursuit ses études en laissant de temps en temps des offrandes aux yokai de son quartier, mais un jour elle est capturée par Odanna, un ogre qui l’emmène dans le monde caché des esprits, et lui annonce que son grand-père lui a offert sa main comme garantie d’une lourde dette. Aoi n’entend pas se laisser faire, et au lieu d’épouser cet ogre, qui est aussi le tenancier d’une auberge pour yokai de renom, elle ouvre un petit restaurant.

Je n’ai jamais été très fan de l’histoire de la fille offerte en mariage à un dieu ou démon pour régler un conflit, ça me rappelle un peu trop la manière dont les femmes ont été traitées comme des marchandises et instruments de négociations pendant des siècles, mais dans cette adaptation d’une série de romans un gros twist m’a tout de suite attiré : au lieu de se plier à son destin imposé, l’héroïne décide de faire les choses autrement en s’appuyant sur ses capacités. Cela la mène à devenir une véritable chef culinaire et entrepreneur avec l’aide de son employé principal (Ginji, un esprit-renard avec qui elle développe une solide amitié), et à gagner une clientèle à la sueur de son front.

Le thème initial ne disparaît pas complètement, régulièrement Aoi se retrouve face au risque d’être kidnappée et instrumentalisée de nouveau. A chaque fois elle résiste et réussit à retourner la situation en sa faveur, et en faveur de la cause qu’elle choisit de soutenir. La série est découpée en deux grands arcs principaux (l’arc de Tenjin-ya et l’arc d’Orio-ya), eux-mêmes divisés en plusieurs histoires mettant en avant différents yokai qui croisent la route de notre héroïne et sont touchés par elle. Une fois que leur arc est terminé, ils ne disparaissent pas pour autant et reviennent dans d’autres arcs pour jouer un rôle, ce qui enrichit le show d’un large panel de personnages attachants et bien développés. La qualité de ces différentes histoires est très consistante, et chacune est réglée avec un impressionnant sens du timing (aucune ne dure trop longtemps, mais toutes sont suffisamment bien développées pour avoir un impact). A l’exception du (mauvais mais heureusement court) arc sur la famille Tengu, je les ai toutes appréciées et elles m’ont touchées de différentes manières.

En parallèle le show est aussi une romance entre Aoi et le propriétaire de Tenjin-ya, « Odanna », dieu-ogre jamais nommé. J’ai énormément apprécié cette partie du scénario, ce n’est pas tout les jours qu’on a dans un anime un jeu de séduction entre deux adultes qui s’étale sur deux saisons, et c’était fantastique de voir leur relation évoluer. Au début ils ont avant tout une relation de partenaires d’un business, Odanna reconnaît les talents d’Aoi et partage avec elle les ficelles du métier, puis s’installe entre eux une belle amitié, puis une confiance mutuelle, puis de l’affection, et à la fin ils n’ont même plus besoin de se parler pour se comprendre. J’ai beaucoup aimé en particulier la façon dont Odanna soutient toujours Aoi dans ses choix et ses projets, même quand il ne les approuve pas. Odanna est doublé par le très suave Katsuyuki Konishi, et il a beaucoup d’alchimie avec Nao Touyama dans le rôle d’Aoi, qui nous offre une performance pleine de punch et de charisme.

Kakuriyo est loin d’être une série parfaite, surtout visuellement. Au début elle est agréable à regarder avec un magnifique générique d’ouverture et plusieurs séquences bien animées, mais la qualité de la production n’a pas tenue le coup sur six mois et souffre (en particulier vers le milieu) de changements de style brutaux et de quelques épisodes et segments réalisés en catastrophe qui piquent les yeux. Ce n’est pas le genre de chose qui me dérange outre mesure, mais si vous voulez regarder la série d’un coup je conseillerai d’attendre les éventuelles retouches pour la sortie en DVD.

De son côté, on peut reprocher au scénario de se reposer un peu trop sur le même schéma à chaque nouvel arc : tel nouveau yokai a un problème, Aoi intervient et arrange la situation grâce à ses talents de conciliatrice et sa cuisine. Très souvent, cela mène la jeune femme à être épuisée psychologiquement et physiquement, et même si Odanna intervient pour la soutenir et ménager sa santé, j’aurais aimé que les scénaristes la laissent souffler un peu plus. C’est particulièrement irritant au cours de la seconde partie de l’anime : Aoi a à peine le temps de se faire une place à Tenjin-ya qu’elle est kidnappée par la propriétaire d’Orio-ya et forcée de recommencer tout à zéro dans un contexte encore plus hostile. Cet arc qui clôture la série se termine de très belle façon (le dernier twist m’a fait complètement fondre), mais ce n’est pas une « vraie » fin : plusieurs questions cruciales restent sans réponse, et on se retrouve dans une situation inconfortable trop familière où notre découverte de la suite dépend d’une hypothétique seconde saison ou d’une traduction des romans, toute aussi incertaine. C’est un problème récurrent posé par ces adaptations, qui laissent le  spectateur sur un goût d’inachevé.

Quoi qu’il en soit je conseille vraiment de découvrir Kakuriyo, qu’on peut décrire comme une version rafraîchissante de Bride of the Water God pimentée par une pincée de Voyage de Chihiro. Foodporn, romance, adorables yokai, mythes et légendes…c’était un beau voyage, et je vais allumer une bougie sur l’autel du Saint Patron des Secondes Saisons, j’ai très envie de savoir la suite des aventures d’Aoi.

Ma note : 7/10

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