Premières Impressions sur les Animes d’Automne 2018

Remontons-nous les manches, l’année 2018 n’a pas dit son dernier mot !

  • Mon opinion est basée exclusivement sur le premier épisode, qui souvent ne reflète pas le reste de la série,
  • Cliquez sur le titre pour accéder au simulcast français, quand il y en a.

The Girl in Twilight

Asuka rêve d’un autre monde. Régulièrement elle réunit ses quatre meilleures amies pour exécuter un rituel radiophonique  (une légende urbaine trouvée sur le net) dans l’espoir d’en ouvrir les portes. Un jour elles essaient une nouvelle fréquence, et leur rituel fonctionne. Elles se retrouvent dans la dimension du crépuscule, où Asuka croise une fille qui lui ressemble à s’y méprendre. 

Intriguant. Ce pilote s’approche dangereusement du genre très générique auquel appartiennent Ange Vierge ou Schoolgirl Strikers  (autres projets transmédias qui mettent en scène des combattantes pour vendre à terme un jeu), mais il a suffisamment d’originalité pour défendre une identité propre. Premier bon point, les filles ont de la personnalité et leur amitié est crédible. Leurs échanges sarcastiques étaient de loin ma partie préférée de ce pilote. Il nous fait sentir très vite complice de leurs délires, et même si l’idée d’un club de lycéennes passionnées de veilles radio (on en voit une avec un lecteur cassette, et même une autre avec un récepteur à cristal) est tirée par les cheveux, cette bonne ambiance donne envie d’y croire. Par contre, je suis beaucoup moins convaincue par le monde parallèle. Son esthétique est très pauvre, c’est un vaste désert jaune rempli de lapins jaunes moches (et méchants) où prennent place des combats en CG peu inspirés. Je me doute qu’ils ont dû faire avec des moyens limités, mais après les merveilleuses escapades dans les mondes de Flip Flappers (autre anime sur l’exploration de dimensions parallèles) c’est difficile de se contenter d’un décor aussi faible. Nous verrons s’ils ont plus que ça en réserve dans les épisodes suivants.  

Moi, quand je me réincarne en Slime

Après une attaque au couteau inattendue le citoyen lambda Satoru meurt devant ses d’amis (qui n’ont pas vu assez de séries médicales ou policières pour percuter que dans ce genre de situation il faut compresser en priorité). Il se réveille dans un autre monde…réincarné en slime ?!

Comme je le craignais, en dehors de son concept un peu original, Tensei Shittara Slime Datta Ken ne change pas la veille rengaine : Protag-kun a un handicap apparent mais il est quand même le meilleur, l’unique, l’élu, business as usual. Équipé d’une puissante I.A interne en constante évolution, il a un tas de pouvoirs démesurés qui en font immédiatement un candidat pour devenir un héros (il n’est même pas contraint de garder sa forme de slime !), et nous sommes dès les premières minutes pris d’assaut pas une avalanche d’explications détaillées sur ses nouvelles capacités extraordinaires. Heureusement que l’animation et la mise en scène sont colorées et inventives, sinon je me serais endormie. 

Et une fois Satoru réincarné en slime, je me suis demandé l’intérêt d’avoir l’âme de ce type coincée dedans, au lieu d’un anime sur un (une ?) authentique slime qui se rebelle, à la Star Wars VII quand un stormtrooper devient plus que de la bidoche à mitrailler. Au lieu de ça nous avons (encore) un geek à qui cette seconde chance n’apporte que des bénéfices. Mais sinon, c’était probablement l’un des meilleurs pilotes d’Isekai que j’ai vu ? La barre n’est pas très haute certes, mais visuellement c’était intéressant, le protagoniste a une personnalité bien équilibrée, et à la fin le dialogue avec le dragon tsundere était très amusant. Je demande si ce sera le genre d’anime qui sera porté par de tels personnages secondaires loufoques et attachants. L’opening très bien fait qu’on voit à la fin laisse penser que ce sera plus un show d’action se rapprochant du shonen d’aventure qu’un harem de Fantasy, et je m’attends à ce qu’il devienne l’un des animes les plus populaires de la saison. Si c’est le cas, c’est mérité, et ça me rassure de voir ça mis en avant à la place de trucs bien plus douteux. 

Run with the Wind

Haiji est un passionné de course. Cette année est sa dernière chance de courir le relais inter-universitaire Hakone Ekiden, et il pense avoir trouvé le dixième membre de son équipe : Kakeru, un jeune étudiant en grande difficulté financière. Il lui propose de venir habiter dans son vieux dortoir à prix d’ami, où il fait connaissance avec les huit autres jeunes hommes qui vont courir avec eux. 

Une véritable expérience sensorielle. Le titre « Feel the wind » a circulé avant ce nouveau titre international, et en effet grâce à un très bon sound design et une mise en scène inspirée ce pilote nous fait sentir le feeling de la course, le rythme, le souffle, le vent. Ça ne m’a pas donné envie d’aller courir à la fin de l’épisode, mais pas loin. L’essentiel de l’action se déroule dans le dortoir de Haiji, un lieu où règnent un désordre et une cacophonie qui contrastent fortement avec la pureté des scènes de course. On sent l’immensité de la tâche de Haiji : il va falloir transformer ce groupe disparate composé de fortes personnalités en une team cohérente et harmonieuse concentrée sur le même goal. Nous voyons l’essentiel de cet épisode à travers les yeux effarés de Kakeru, qui se demande ce qu’il vient faire là dedans, avant de comprendre que Haiji ne l’a pas du tout choisit par hasard. Ces deux-là ont visiblement connu des choses difficiles, Haiji porte une grosse cicatrice sur la jambe et Kakeru est réduit à voler son dîner, pour des raisons qui ne sont pas encore claires. Décidément, s’ils continuent de produire des animes de sport de cette qualité de réalisation et d’écriture, je vais définitivement me convertir au genre. 

Between the Sky and See

Les poissons ont disparu de notre planète, et comme le Japon ne veux pas renoncer à ses chers sushis, des équipes de pêcheurs de l’espace y sont envoyées pour explorer de nouveaux fonds marins et capturer des poissons avec des…applications smartphone. Comme le gouvernement a décidé d’imposer le recrutement de femmes pour établir la parité, la jeune  Haru et plusieurs autres jeunes filles se préparent en vue de leur première expédition. Mais les hommes ne sont pas convaincus et Haru & co vont devoir prouver leurs compétences dans un climat hostile.

Between the Sky and Sea n’est pas beaucoup plus qu’une longue et fastidieuse campagne de marketing pour le jeu Sora to Umi no Aida, le tourisme à Onomichi, et…l’industrie de la pêche ? C’est très ennuyeux, le scénario n’a absolument aucun sens, c’est ultra maladroit et caricatural dans ses tentatives de nous prouver que ça soutient la cause féminine, et parsemé de fanservice inopportun. Les moments les plus exaspérants du pilote sont d’abord celui où la team de pêcheurs masculins se moque de la team féminine quand Haru ne sait pas quoi faire (alors qu’elle n’a pas commencé sa formation) comme si ça prouvait quelque chose, et ensuite celui où les filles sont épatées par la team masculine expérimentée quand…elle fait son travail. Qui aurait cru que les gens plus âgés avec de l’expérience ont plus d’assurance et sont plus performants que les gens jeunes sans expérience ?? On en apprend tous les jours, merci Between the Sky and Sea !

Les seuls éléments positifs là-dedans sont les visuels plutôt mignons et léchés, et occasionnellement un gag qui fonctionne. Mais honnêtement c’était l’un des nouveaux  pilotes qui m’a le plus agacé, un prétexte pour envoyer des jeunes filles débutantes en mission, les habiller en nymphettes de l’espace, les mettre en danger, et leur crier dessus parce qu’elles ne sont pas au niveau de vétérans.  Si vous voulez un anime sur des lycéennes qui explorent un lieu improbable, je conseille A Place Further than the Universe, et si vous voulez un anime qui parle de sexisme sur le lieu de travail, regardez plutôt Hisone & Masotan. Vous pouvez zapper celui-là, il est très mal écrit. 

Zombieland Saga

Sakura rêve de passer des auditions pour devenir une idole, mais le jour où elle rassemble enfin assez de courage pour envoyer sa candidature, elle est tuée par un TRUCK OF DOOM camion. Dix ans plus tard, dans la ville de Saga, elle se réveille amnésique entourée de zombies. Elle essaie de s’enfuir, avant de réaliser qu’elle est elle-même devenue une morte-vivante. Un homme louche se présente comme son manager, il a ranimé plusieurs cadavres de stars de périodes différentes pour composer le groupe d’idoles ultime, mais il y a un hic : pour l’instant Sakura est la seule à avoir regagné sa conscience. 

« Love Live avec des zombies » est un bon résumé de l’intrigue, comme l’objectif des filles est de redynamiser la ville, mais ça ne couvre pas le ton humoristique du show : Zombieland Saga est résolument une comédie. Je comprends pourquoi ils n’ont pas diffusé beaucoup d’informations sur le scénario avant la sortie de l’anime, l’idée du pilote est de nous mettre dans le même état de confusion que la pauvre Sakura, qui découvre avec horreur sa nouvelle destinée. Pour l’instant elle ne voit pas ça comme une nouvelle chance de réaliser ses rêves (et elle n’a pas encore retrouvé sa mémoire) mais à la fin de son premier concert en tant que « Death Musume » elle a un moment de libération cathartique de rage qui fait du bien.

Je n’étais pas écroulée de rire devant ce pilote, mais une animation bondissante et soignée associée à un contraste efficace entre l’horreur des zombies et la douceur des designs en font une expérience très divertissante. Votre appréciation du show peut dépendre de votre appréciation du cabotinage de Mamoru Miyano dans le rôle du manager foldingue, il occupe une place centrale et l’humour repose beaucoup sur sa performance. Perso j’adore, et je trouve qu’il a une très bonne alchimie avec la doubleuse de Sakura (Kaede Hondo) qui répond à ses monologues absurdes avec un ton effrayé-effaré délicieux. J’ai vraiment envie de poursuivre, et de voir comment Sakura et ses nouvelles « amies » vont mener leur carrière. 

Juliette au pensionnat

Juliette et Romio sont les leaders de deux clans ennemis contraints d’aller au même lycée : les « Chats Blancs » et les « Chiens Noirs ». Depuis qu’ils sont en maternelle ils s’affrontent, mais Romio est secrètement amoureux de Juliette. Un jour, il se décide enfin à lui avouer ses sentiments, et à sa grande surprise elle accepte de sortir avec lui ! Mais à une condition : leur relation doit rester secrète. 

Je suis toujours prête pour une bonne adaptation moderne de littérature classique. Le problème, c’est que trop souvent, en dehors de quelques références superficielles, ce genre d’anime n’a pas grand chose à voir avec la littérature d’origine. Juliette au pensionnat fait un effort, on retrouve des noms, des éléments du contexte, et le show semble réellement s’engager à parler de conflits de clans absurdes et de réconciliation symbolique par une histoire d’amour. Cette histoire d’amour est assez mignonne, Romio a du mal à cacher son attirance évidente pour Juliette, et on comprend pourquoi tant l’objet de son affection est à la fois charmante et charismatique.

Malheureusement ma bonne impression n’a pas duré, le pilote m’a perdu quand il enchaîne une agression sexuelle très brutale par des gags idiots, et ensuite ne parle plus jamais de ce qu’il s’est passé. A partir de là le mélange de violence gratuite, de voyeurisme (on a une large vue sur la poitrine de Juliette quand elle est dans son état le plus vulnérable), d’humour crétin et de comédie romantique légère m’a mise mal à l’aise. En plus l’intrigue se déroule dans une réalité alternative bien sexiste et sectaire, et même si cette réalité est remise en question par les héros ça ne m’a pas donné envie de continuer dans cette atmosphère, surtout s’ils ne montrent pas qu’ils sont prêts à prendre les choses au sérieux…

IRODUKU: Le monde en couleurs

Dans un futur proche, Hitomi voit la vie en noir et blanc, littéralement, et elle blâme son sang de sorcière. Elle déteste la magie et s’est isolée de tous ses amis. Sa grand-mère attristée l’envoie dans son propre passé, sans lui donner plus d’explications. Elle y croise plusieurs jeunes gens du quartier qui la prennent sous leur aile, et découvre avec stupéfaction qu’un de leurs amis artiste est capable de dessiner des paysages qui la transportent dans un monde en couleurs. Hébergée par son arrière grand-mère, va-t-elle parvenir à sortir de sa dépression ?

Ce style de drames contemplatifs et romantiques typique de P.A Works qui englobe aussi True Tears et Glasslip est ma came, la question n’était pas de savoir si j’allais aimer mais plutôt à quel point. C’est un peu tôt pour se prononcer, mais pour l’instant je dirais beaucoup ! Il y a quelques clins d’œils à ces romances précédentes, pour l’instant pas de coqs métaphoriques mais on a de la verrerie colorée, beaucoup de mélancolie, des feux d’artifice symboliques, un héros artiste, et j’attends la formation de plusieurs couples potentiels dans les prochains épisodes. Autrement dit, nous sommes en terrain connu. En premier, j’ai remarqué à quel point cet épisode est magnifique. P.A Works nous rappelle qu’ils sont des maîtres du background porn. Les plans du festival que parcourt Hitomi sont particulièrement beaux, et ils se teintent d’amertume quand on comprend qu’elle ne peut pas voir leurs belles couleurs. Ça rend la dernière scène où elle voit enfin autre chose qu’une palette de gris tristes puissante. On partage son bouleversement. C’est un peu difficile de savoir dans quelle direction le scénario va s’engager, mais je parie sans me risquer sur un mélange de mélodrame, de slice-of-life et de romance. Je suis intéressée de voir ce qu’ils vont faire de la magie, dans le passé elle semble intégrée à la vie de tous les jours, et remplacée par la technologie dans le futur. Gimme more. 

Anima Yell!

Kohane tombe sous le charme d’une performance de cheerleading vue par hasard, et décide de monter un club pour pratiquer ce sport. Elle découvre qu’Arima, une des filles qu’elle avait admiré dans la performance, va à son collège, et la harcèle pour qu’elle la rejoigne. Mais Arima a quitté son groupe dans des circonstances qui l’ont dégoûtée du cheerleading. 

Nouveau show moe sur un club de filles, il y en a des dizaines comme ça (qui viennent en général des mêmes magazines de publication), et ils ne sont pas tous de la même qualité. Je situerais celui-là dans le niveau intermédiaire : pas une perle, mais pas déplaisant du tout. Le scénario ne fait pas dans l’originalité, l’héroïne énergique et persistante va monter son projet avec une fille douée et distante, et son amie d’enfance un peu dépassée par tout ça. J’aurais aimé que le pilote dose un peu mieux l’humour et le drame, parfois c’était un peu dur de réconcilier l’hyper positivisme et les crétineries de Kohane (par exemple elle prononce « cheer » comme « chair ») avec les angoisses et les traumas d’Arima. Vous l’aurez deviné, Anima Yell! ne brille pas par la finesse de son écriture. J’ai tout de même assez apprécié pour lui donner le bénéfice du doute et regarder au moins le second épisode. A noter pour ceux et celles qui hésiteraient qu’il n’y a aucun fanservice, et l’aspect sportif du cheerleading est pris au sérieux. 

Bloom Into You

Yuu est très influencée par les chansons romantiques qu’elle écoute et les shoujos qu’elle lit. Les deux lui font miroiter des romances passionnées, mais le jour où ses fantasmes sont sur le point de se matérialiser lorsqu’un ami lui fait sa déclaration, elle ne ressent rien du tout. Très perturbée, elle ne sait pas quoi faire, et quand elle voit la belle Nanami du conseil des élèves rejeter un garçon avec beaucoup de sang-froid, elle est fascinée. Elle finit par intégrer le conseil des élèves pour se rapprocher de Nanami…

Le pilote correspond à ce que j’attendais, ni plus, ni moins. C’est une romance de facture classique où les émotions sont mises en avant, avec des enjeux simples (est-ce que Yuu va ressentir quelque chose au contact de Nanami ?). La réalisation est épurée, lumineuse, et joue beaucoup sur les effets d’ambiance pour accompagner les moments clés du pilote. La symbolique est très directe : Yuu est submergée de couleurs froides quand ses amies parlent de garçons, et elle est enveloppée de couleurs chaudes quand Nanami lui touche la tête et lui prend la main. Ces effets nous font comprendre ce que Yuu ressent, avant qu’elle s’en rende compte elle-même. Ce qui m’intrigue, c’est que pour l’instant les deux filles n’ont pas l’air d’être sur la même longueur d’onde, l’une assume ses sentiments et l’autre est encore très confuse. Je suis curieuse de voir comment ils vont développer leur romance à partir de ça. 

SSSS.Gridman

Hibiki se réveille amnésique dans une maison inconnue, et un vieil ordinateur lui montre l’image d’un certain « Gridman » qui lui demande de se « souvenir de sa destinée ». Dehors, l’ombre d’un immense kaiju se profile dans la brume, visible seulement par Hibiki. Confus, il retrouve le chemin de sa maison grâce à une camarade de classe. Plus tard Tokyo est victime d’une attaque de kaiju, et notre intrépide héros décide de répondre à l’appel de ce Gridman. 

Si je devais trouver un adjectif pour qualifier ce pilote, ce serait « scénique ». Il y a plusieurs moments qui donnent envie de faire « pause » et de prendre une capture d’écran. La seconde partie de l’épisode est particulièrement théâtrale, et la première (ma préférée) a des idées de mise en scène remarquables. Elle montre des instants de la vie quotidienne des protagonistes tout en insérant quelques détails perturbants, comme des lumières étranges dans le ciel, un vieil ordinateur complètement improbable ou la silhouette endormie du kaiju que seul Hibiki peut voir. C’est très efficace, ça intervient dans une atmosphère de familiarité construite par des sons et des images de la vie de tous les jours (un tas de chaussures de sport laissées sur le côté, une chorale qui répète, un bol de céréales, des rangs de poubelles au fond de la classe…), mais cette familiarité est d’emblée déstabilisée par les éléments dont j’ai parlé et l’étonnement d’Hibiki qui ne se souvent de rien. Comme lui dit Akane, son amnésie l’a transformé en nouvel élève.

La seconde partie de l’épisode est beaucoup plus classique et nous plonge dans un  tokusatsu où le héros Gridman défait un terrifiant kaiju avec l’aide de ses amis et d’une technologie extraterrestre. J’avais un peu peur qu’ils abandonnent le sentiment de vague malaise de la première partie au profit d’une série d’action plus classique, où l’on ne montre pas de sang, et où Tokyo est constamment utilisée comme terrain de jeu de ces combats jusqu’à l’absurde. Mais à la fin, quand les jeunes voient leur école inexplicablement reconstruite, ce sentiment revient. Il y a aussi une scène où l’on voit l’une de leurs camarades tuée (?) par une boule de feu, et si elle réapparaît lors du second épisode, il y a définitivement anguille sous roche. Le studio Trigger pourrait avoir un twist ou deux en réserve, et je suis très curieuse d’en voir plus. 

Release the Spyce

Momo a des sens aiguisés et en plus un solide sens de la justice hérité de son défunt père policier. Un soir, elle repère des silhouettes sautant sur les toits tels des ninjas. Ces silhouettes sont celles d’espionnes qui libèrent leurs capacités  physiques grâce à une drogue appelée « spyce ». Les espionnes vont au même lycée que Momo et ne tardent pas à la recruter après l’avoir tirée d’un mauvais pas. 

C’est toujours un peu difficile de juger ce genre de show, a première vue il a tout d’un anime pour enfants, avec une intrigue très manichéenne, des super-pouvoirs et des gadgets futuristes, des mascottes improbables, des costumes flashy, des protagonistes très jeunes, et des blagues innocentes. Mais quelques détails, designs et certains sous-entendus suggèrent que le show s’adresse à un public plus âgé, qui n’est pas là pour les mêmes raisons que des petites filles qui regarderaient Totally Spies. Ça ne fait pas de Release the Spyce un mauvais anime, ce pilote est fun (à défaut d’être intelligent, il compense par son ton léger et un petit côté B-movie assumé), mais il y a toujours un léger malaise quand un spectacle d’exploitation (dont le scénario rappelle Lucy ou Charlie’s Angels) adressé à un public adulte utilise des filles aussi jeunes avec des designs aussi enfantins. Si ça ne vous dérange pas, et que l’intrigue vous intéresse, c’est suffisamment divertissant et cohérent pour mériter le coup d’œil. La psychologie des filles est un minimum travaillée, et (pour l’instant) la production tient debout. 

As Miss Beelzebub Likes It.

Mullin vient d’entrer au service de la reine des Enfers, Beelzebub (a.k.a Belzébuth). Mais elle ne correspond pas à l’image qu’on se fait d’elle, derrière sa grande compétence et sa force se cache une jeune femme sensible qui a une passion pour tout ce qui est doux, et pas beaucoup de pudeur. Mullin craque complètement pour Sa Majesté mais a bien du mal à l’empêcher de se laisser trop aller à ses excentricités.  

Un mélange un peu bizarre de fanservice (coquinou, un peu neuneu mais très inoffensif), d’esthétique de Barbie Princesse au Pays des Rêves jouée premier degré, et de routine humoristique boke/tsukkomi très  (trop ?) familière : Beelzebub fait quelque chose d’inapproprié/inattendu/etc., Mullin réagit. Sans le décor de Royaume Polly Pocket puissance mille j’aurais vite décroché, mais j’étais tellement fascinée par les couleurs, les étoiles et les fleurs, que j’ai tout regardé avec attention comme un bébé captivé par son nouveau mobile. Et heureusement que l’esthétique est aussi marquée, parce que l’écriture est…heu…pas terrible. En dehors des gags répétitifs évoqués, leur vision de l’Enfer est très décevante. Le cadre est enchanteur, les damnés ont l’air ravis d’être là, et il va falloir m’expliquer la différence entre les anges et les démons parce que pour l’instant je n’en vois aucune. Les traducteurs auraient pu se tromper et remplacer « Enfer » par « Paradis » et je n’aurais pas sourcillé. L’intérêt principal du show est vraiment son esthétique « fuwa fuwa » (si vous aimez le rose, les nuages douillets, les boules de coton et les pulls en laine alpaga, ce show est pour vous…), le fanservice, et les romances. J’attends de voir si les couples secondaires teasés dans l’opening sont assez mignons pour justifier le visionnage. 

Les shorts

  • Jingai-san no Yome est beaucoup trop court ! Le pilote a 1 minute 30 secondes de contenu avant de passer au générique. On a à peine le temps d’entrevoir quelques personnages que c’est déjà fini, c’est un peu brutal. 
  • Skull-Face Bookseller Honda-san est un sympathique short, et le manque d’animation est compensé par des designs inventifs. L’humour est répétitif (Honda-san réagit aux attentes d’otaku étrangers) mais c’est plutôt mignon, amusant et même informatif sur les coulisses du métier de libraire. Ce serait ma reco pour le short de la saison. 
  • Himote House: A share house of super psychic girls m’a bien eue avec son key visual, c’est un short en CG. C’est plutôt mignon…si vous aimez écouter des doubleuses en roue libre tester leurs « meilleurs » blagues. A voir si vous aimez gdgd Fairies et autres délires improvisés du même genre. 

Le reste

  • Dakaichi- My number 1 commence de manière plutôt fun mais j’ai décroché quand le harcèlement sexuel pointe son vilain nez. Pas bien Dakaichi, va au coin. 
  • Ms. Vampire who lives in my Neighborhood est mignon sans plus, le genre de petite comédie de slice-of-life qu’on peut mettre dans le fond en faisant autre chose. Je ne suis pas très fan de la dynamique entre les héroïnes (Akari est un peu trop insistante et envahissante à mon goût), et l’intrigue manque de matière. 
  • Je n’ai pas réussi à finir le pilote de Bunny Girl Senpai. Ça essaie désespérément d’être Yahari (d’autres ont mentionné Monogatari) sans avoir le quart du talent nécessaire pour faire marcher ce type d’histoire. Son énième protagoniste blasé qui a l’air de trouver ses propres aventures ennuyeuses à mourir et son blah blah pseudo-intellectuel qui dissimule mal de mauvais clichés surexploités m’ont vite fait ressentir une extrême lassitude, et je suis passé à autre chose. 
  • Pas non plus terminé Bakumatsu, en dehors des visuels médiocres ce n’est pas un anime particulièrement captivant, et sans intérêt prononcé pour cette partie de l’histoire du Japon on est vite perdu. 
  • Radiant est un shonen très basique tout à fait respectable, un poil trop générique à mon goût, mais il déborde tellement de bonne volonté que c’est difficile de taper dessus. Un élément notoire de ce show est le mentor du héros, une femme d’âge mûr handicapée, le genre de personnage qu’on ne voit rarement jouer un rôle aussi important dans un anime. 
  • Merc Storia – The apathetic boy and the girl in a bottle s’adresse à un public plutôt jeune et a une histoire originale, celle d’un petit soigneur de monstres (qui a la phobie des monstres) et d’une fille coincée dans une bouteille. C’est adorable, vraiment joli, le concept de pacifier les monstres au lieu de les tuer est très positif, et les gags font mouche. Si vous cherchez un show de fantasy tout doux à regarder avec des enfants, ce serait mon premier choix. 

En conclusion

Comme je le redoutais ce sera une petite saison, seulement cinq animes ont retenu mon attention (Run with the Wind, IRODUKU, SSSS.Gridman, Bloom Into You, et Zombieland Saga), et trois m’ont laissé mitigée mais encouragé à regarder au moins leur second épisode (The Girl in Twilight, Anima Yell!, Miss Beelzebub). Au moins ça me laisse du temps pour boucler quelques animes de saisons passées que j’ai négligé avant le bilan de fin d’année. Mon pilote préféré est celui de Run with the Wind, et le pire que j’ai vu est celui de Bunny Girl Senpai (Between the Sky and See n’est pas loin), sachant que je n’ai pas vu le « vrai » fond du panier à côté duquel ces shows ont l’air de chefs-d’œuvres. Le simulcast français est…plutôt complet pour une fois, miracle, mais je note l’absence un peu surprenante de SSSS.Gridman (pourtant disponible sur Crunchyroll pour les nord-américains). Tsurune arrive dans une dizaine de jours et je l’ajouterai très probablement à mon programme, c’est facile de le recommander à l’avance tant les animes de KoyAni sont consistants. Et c’est tout pour l’instant ! Il y a d’autres nouveautés que j’aurais pu couvrir (comme Double Decker) mais par manque de temps j’ai dû faire des choix. Vous pouvez lire l’opinion d’autres sites dessus : dans ceux que je liste à droite une partie d’entre eux ont des équipes qui regardent et critiquent à peu près tout ce qui sort. 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s