Hanebado!

Année : 2018

Par : Liden Films, Shinpei Ezaki, Taku Kishimoto

Durée : 13 épisodes 

PV

Ayano Hanesaki avait tout pour devenir un crack du badminton : d’excellents réflexes, une mère championne pour l’entraîner, et un bon mental. Mais quand sa mère l’abandonne après un match perdu, Ayano devient un monstre qui écrase sans joie toutes ses adversaires. Dégoûtée de la compétition, elle décide d’arrêter ce sport. Au lycée, sa meilleure amie la force à intégrer le club de badminton, et elle se retrouve face à Nagisa Aragaki, une ancienne adversaire qu’elle avait battue à plate couture juste avant de tout plaquer. 

Prêts pour un anime où des filles très en colère règlent leurs comptes via des matchs rageux de badminton ? Bienvenue dans Hanebado! Sorti dans un contexte où les animes de sport féminin sont non seulement rares mais également parasités par d’autres genres (slice-of-life, comédie sexy…), Hanebado! se distingue en étant un « pur » anime de sport qui prend ses athlètes au sérieux, sans chercher à les fétichiser ni à cacher ce à quoi un effort d’un certain niveau ressemble vraiment (on voit des muscles ! de la sueur !). Il est plus que temps que les sportives reçoivent le même traitement que les sportifs et Hanebado! s’engage clairement dans cette direction.

Côté scénario, d’après la première poignée d’épisodes, on se dit que l’histoire va suivre un arc classique : Ayano va apprivoiser ce club de badminton, se rapprocher de Nagisa et redécouvrir sa passion grâce au Pouvoir de l’Amitié et à l’Esprit d’Equipe. Sauf que…pas vraiment, ou du moins, pas sans difficultés. En ne tenant pas compte de ses traumatismes, ses camarades et son nouveau  coach forcent Ayano à revivre ses pires angoisses, et elle est confrontée à d’anciennes adversaires qui viennent les réveiller. Be careful what you wish for semble nous murmurer l’anime alors qu’Ayano redevient un monstre cynique prêt à battre à plate couture tout joueur. En conséquence elle fait une drôle d’héroïne, on peut même la qualifier d’anti-héroïne tellement elle se ferme aux autres.  Pourtant, même quand elle devient franchement antipathique au cours de la seconde partie, sa situation inspire beaucoup de compassion, et j’ai été bonne cliente du pathos généré. En plus ils la laissent garder sa part de noirceur jusqu’à la fin, ce qui montre que tout n’est pas magiquement résolu.

Il y a des faiblesses d’écriture. Par exemple, tout le drama autour de la mère d’Ayano ne tient pas debout, la championne est si mal présentée qu’elle rend le personnage difficile à cerner : qui abandonne sans explications sa propre fille malade après un échec de cette dernière pour aller adopter et coacher une autre petite joueuse à l’étranger ? Soit elle a un volant à la place du cerveau et n’est capable de penser qu’au badminton, soit c’est une sociopathe. Les bribes d’explications qu’on obtient à la fin suggèrent un mélange des deux, mais ne font pas grand-chose pour rendre le personnage plus crédible et humain. La résolution de cet arc n’est pas très satisfaisante, Ayano finit par s’affranchir de l’ombre de sa mère et par jouer au badminton pour ses propres raisons,  mais ça se fait de manière tellement rapide que ça ne fonctionne pas vraiment, et surtout la mère d’Ayano s’en sort un peu trop bien compte tenu des traumas qu’elle a infligé à sa fille.

Les arcs secondaires sont inégaux. Certains sont un peu inutiles, certains auraient pu être carrément rayés du scénario (tout l’arc de Connie est assez mauvais et ne va nulle part, et son personnage fait doublon avec Kaoruko qui est une bien meilleure rivale), mais dans l’ensemble je les ai trouvé bons. Ils explorent des aspects très pertinents du sport de compétition comme la pression des coachs, les blessures, l’importance cruciale du mental, la stratégie versus le talent versus l’entrainement versus l’avantage physique (autant d’éléments qui déterminent l’issue d’un match), etc. L’arc de Nagisa est pour moi le meilleur, au début elle est constamment énervée contre les autres et contre elle-même, et à la fin elle a gagné une maturité et une maîtrise de soi exemplaires qui la font progresser. La fin du match clé de l’anime qui l’oppose à Ayano est très cathartique, pour elle et pour le spectateur.

A propos de matchs, ceux-ci sont très bien animés et constituent l’intérêt essentiel de l’anime. La tension est palpable, le rythme sec, et on se laisse prendre complètement au jeu comme si on regardait un vrai match aux enjeux importants. L’une des raisons pour lesquelles j’ai du mal avec les animes de sport est leur tendance à couper l’action pour insérer des commentaires lourdingues (quand ce n’est pas pour expliquer ce qu’on voit de manière très redondante), et dans Hanebado! il y a quelques interruptions de commentaires mais ils ne « cassent » pas le rythme des matchs et sont pertinents pour comprendre la stratégie. Ils ne commettent pas non plus l’erreur de surcharger leur show de matchs inégaux, comme Yuri on ICE l’avait fait avec les performances de patinage artistique. Chaque match compte.

En bref, si vous n’avez pas peur du ton radicalement dramatique, c’est un bon anime de sport qui a su captiver l’attention d’une récalcitrante du genre comme moi, grâce à des matchs palpitants et à une intrigue de fond sans concessions. Certains points du scénario sont maladroits et la résolution de certains arcs est frustrante, mais pas assez pour gâcher le plaisir.

Ma note : 7/10

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