Premières Impressions sur les Animes d’Eté 2018

Sous ce caniar, plongeons tête la première dans les nouveautés estivales.

  • J’ajoute mes premières impression au fur et à mesure.
  • Mon opinion est basée exclusivement sur le premier épisode, qui reflète rarement le reste de la série.
  • Cliquez sur le titre pour accéder au simulcast français (quand il y en a).

Island

Setsuna se réveille nu sur la plage d’une île mystérieuse. Il ne se souvient de rien, excepté ses objectifs : il voyage dans le temps pour sauver une fille, sauver le monde, et tuer quelqu’un. Il rencontre trois habitantes de l’île, dont une au comportement étrange qui lui propose de devenir la « maid » de son manoir en échange du gîte et du couvert. 

Une version discount des VN mélodramatiques type AIR, avec plus de gags graveleux et (beaucoup) moins de charme. Visuellement c’est maîtrisé, avec de beaux dégradés marins d’aubes et de crépuscules, et des backgrounds riches et détaillés. L’écriture par contre est assez inégale : d’un côté l’action avance avec un bon rythme et ils ont l’air de savoir où ils vont, de l’autre les dialogues sont très cliché et rendent l’immersion difficile. Même si l’environnement est dépaysant et l’intrigue mystérieuse, on revient brutalement en terrain connu dès que le héros ouvre la bouche pour faire une remarque déplacée, et que son interlocutrice lui répond en mode tsundere. En plus de ça, beaucoup de personnages sont étrangement déconnectés : à part la petite prêtresse shinto personne n’a l’air très affecté par ces histoires de disparitions, d’apparitions inexpliquées de gens nus sur la plage, et de meurtres (à un moment la prêtresse essaie de tuer le héros, et sa réaction est : meh). Même le nouveau boulot de maid de Setsuna ne tire pas de lui beaucoup de réaction, alors qu’il s’agit d’une situation assez inédite dans une VN. En conséquence je me suis autant ennuyée que lui pendant ce pilote et j’ai vite décroché, mais je pense que ça plaira aux amateurs de VN et de harems classiques. C’est joli, bourré de secrets, et avec seulement trois filles on est sûrs qu’ils auront le temps de les développer toutes. 

Hanebado!

Après avoir été battue à plate couture par la jeune prodige Ayano, la passionnée de badminton Nagisa est devenue très cynique et passe sa rage sur les autres joueuses du club de son lycée. Elles subissent ses humeurs, certaines tristement comme sa meilleure amie, d’autres avec exaspération. Un beau jour une élève repérée par le nouveau coach du club surgit sur le terrain, à reculons, et Nagisa est sidérée : c’est Ayano, très déterminée à ne plus jamais jouer au badminton. 

Ce pilote était intense, il m’a prise par surprise avec sa brutalité et son ton dramatique, au point où je me suis demandée s’ils n’en faisaient pas un peu trop. En tout cas, c’était impossible de rester indifférent, et j’admire la prise de risque d’avoir deux anti-héroïnes : une qui projette sa rage et sa frustration sur les autres, et une qui se cache derrière son amie d’enfance et rejette son passé de jeune talent. Les deux dégagent beaucoup d’énergie, de manière différente (Nagisa l’externalise, Ayano l’internalise) et on a envie de les voir s’affronter, juste pour admirer encore les étincelles du match qui ouvre l’épisode. Je n’aime pas trop les animes de sports (hors ceux de performance artistique) mais là c’était difficile de ne pas se laisser happer. Le fait que cet épisode soit superbe aide beaucoup, la mise en scène  expressive et les couleurs en clairs-obscurs épousent parfaitement les tensions mises en valeur et les émotions à fleur de peau des joueuses. Ce qui m’a le moins convaincue est l’utilité du coach masculin. Le pilote parvient à ne pas intégrer de fanservice inutile…jusqu’à ce qu’il arrive, et là on retrouve les mauvais gags et la caméra voyeuriste habituels. S’il peut rester en marge comme l’entraîneur dans Uma Musume, ça passera, mais la dynamique entre les filles est tellement électrique que j’ai peur qu’il agisse par contraste comme une mauvaise distraction et casse le rythme, comme c’est déjà le cas avec ses scènes dans cet épisode…

The Thousand Musketeers

Sous le joug d’une dictature militaire, les survivants de l’apocalypse nucléaire n’ont qu’un seul espoir : les mousquetaires, des incarnations de fusils antiques qui luttent contre l’Empire. 

Les fans de Touken Ranbu vont retrouver leurs marques dans cette adaptation. Toute une série de concepts sont réutilisés : on a une base militaire où les garçons s’entraînent, se reposent et discutent, des « éveils » de nouvelles armes incarnées qui iront crescendo dans les prochains épisodes, la dévotion au maître qui représente le joueur, les missions, les équipes, les jeunes et les anciens, les mères poules et les têtes brûlées, etc. etc. Le problème, c’est que Touken Ranbu Hanamaru avait placé la barre assez haut, et quand on fait une inévitable comparaison, ces nombreuses similitudes ne jouent pas en la faveur des mousquetaires. Cette version d’une dystopie est ultra générique, leur base manque de charme (la faute à des backgrounds sombres sans personnalité), l’animation est limitée, on s’ennuie pendant les combats, les chara-designs sont inégaux et peu attractifs. L’écriture n’est pas beaucoup plus réussie, les personnages n’ont pas une alchimie folle entre eux, et il n’y a pas l’équivalent d’un Kashuu et d’un Yamatonokami pour servir de protagonistes et d’ancrages émotionnels. Ils essaient (vaguement) de faire la même chose avec Brown Bess et Charleville, mais pour l’instant ça ne fonctionne pas très bien. Et surtout, je pense que c’était une erreur de ne pas montrer les ennemis (« Fusils Modernes ») dans le pilote, c’est l’un de leurs plus gros arguments de vente et principale originalité par rapport à Touken Ranbu…et ils n’en font rien, on les voit juste dans une petite scène de bonus à la fin. J’essaierai peut-être la suite la semaine prochaine, mais si je ne vois pas de nette amélioration par rapport à ce pilote, je n’irai pas plus loin. 

Chio’s School Road

Chio est une lycéenne timide à l’imagination débordante qui n’aspire qu’à une chose : se fondre dans la masse. Mais elle a la poisse, et sur le chemin du lycée il lui arrive toutes sortes d’aventures qui mettent en péril son anonymat et sa ponctualité. 

En dehors d’un choix esthétique discutable (les poitrines des femmes ont une vie propre et bougent indépendamment de leurs propriétaires, ce sont presque des personnages à part entière) ce pilote était très sympathique et m’a fait beaucoup rire. La doubleuse de Chio s’éclate avec ce personnage farfelu, les animateurs ont été très inspirés par le concept et s’en donnent à cœur joie avec les acrobaties que leur héroïne exécute pour éviter des situations gênantes. Ma préférée est sa pirouette dans les déchets pour créer une diversion, c’était brillant. Chio elle-même est un solide personnage principal pour une comédie : c’est une Mlle Tout-le-monde à qui on peut s’identifier facilement, dont la vie prend un tournant absurde et hilarant une fois par jour, quand elle va au lycée. Le temps de faire la route devient le temps d’une parenthèse héroïque ou catastrophique. Les gags font mouche, et les déboires de Chio ont même quelque chose de poétique dans leur incongruité. Je valide.

100 Sleeping Princes and the Kingdom of Dreams

Il  y a dix-huit ans, la princesse de Traümere (le pays des rêves) a été aspirée dans notre monde après la mort de ses parents. Aujourd’hui elle est de retour, invoquée par son serviteur Navi, et même si elle a oublié son enfance et fait sa vie dans notre monde, Traümere a désespérément besoin de son pouvoir pour éveiller ses princes guerriers scellés dans des anneaux, et combattre les forces du mal.

Un reverse-harem plaisant, mais très simpliste et anecdotique. Il a un petit côté conte de fées (Belle au Bois Dormant inversé), un petit côté RPG, un petit côté fanservice. J’ai été agréablement surprise par l’héroïne, je m’attendais à ce qu’elle soit une quiche totale comme celle de Sengoku Night Blood (qui commence un peu de la même manière) mais elle est assez réactive, et a même des éclairs de personnalité. Quelques répliques à propos de son téléphone et des events qu’elle va manquer laissent penser qu’elle est addict aux mobage du même type que Yume 100, un clin d’œil amusant aux spectatrices. Visuellement, il y a déjà des signes inquiétants d’animation exécutée en catastrophe, et je me demande si ça ne va pas s’effondrer au cours des prochain épisode, mais au moins pour ce premier épisode ça tenait la route et il y a même quelques jolies scènes au début. Au niveau du ton, c’est très léger, on alterne entre humour gentillet de joyeux compagnons et aventures de capes et d’épées, comme dans une série pour enfants. Ça se laisse regarder, mais demain j’aurais déjà oublié que je l’ai vu.

Angels of Death

Rachel se réveille dans un sous-sol inquiétant et sans issues visibles, où une voix annonce qu’elle est un « sacrifice ». Chaque habitant de ces lieux qu’elle explore essaie de la tuer. Qui exactement est Rachel, qui sont ces gens qui la traquent, et surtout qu’est-ce qu’elle vient faire là ?

Angels of Death me rappelle deux choses : les jeux d’aventure que j’adore basés sur l’exploration de la psyché tordue des personnages, et de vieux cauchemars. Celui du serial killer dans le couloir sombre en sous-sol qui me poursuit, je l’ai eu, et il m’a suffisamment marqué pour que tout me revienne en voyant la première séquence du pilote. Je ne suis pas certaine d’être exactement dans la bonne tranche d’âge que cet anime vise, c’est le genre de truc gothique tordu que j’aurais dévoré à 15 ans, et que j’ai du mal à prendre au sérieux aujourd’hui. Ce pilote n’a aucune retenue, le ton 2Edgy4U exacerbé et le cabotinage des doubleurs sont plus drôles qu’effrayants, et plusieurs scènes trahissent la nature de la série d’adaptation de jeu vidéo : prends l’objet X pour ouvrir la porte Y. Mais malgré ces maladresses (intentionnelles ou pas, ça reste à voir), je pense que la série n’a pas joué toutes ses cartes, et je suis très curieuse de savoir où est-ce qu’ils vont nous emmener.

Harukana Receive!

Haruka est une grande duduche enthousiaste et athlétique qui déménage chez sa grand-mère à Okinawa. Elle y retrouve Kanata, sa cousine plus réservée et beaucoup plus petite. Après un match de Beach-volley improvisé sur la plage avec deux filles de leur âge, les cousines s’ouvrent un peu plus l’une à l’autre et Haruka décide de se mettre à ce sport. Mais leurs adversaires sont des championnes, et Kanata qui a arrêté le Beach-volley il y a des années a une histoire compliquée avec l’une d’entre elles. 

C’était absolument charmant. Avec Hanebado! et Yama no Susume nous n’avons pas une mais trois séries sur des sportives qui présentent bien pour cette saison, et on peut même ajouter Starlight Stage si on compte les performances comme du sport. Harukana Receive! me fait beaucoup penser à Free!, il y a le même type de fanservice de qualité (on montre simplement des athlètes en maillots de bain avec des angles qui les mettent en valeur, sans proportions/animations ridicules ni de scènes d’agression ou d’humiliation), la même ambiance estivale avec ces étendues infinies de ciel et d’eau bleus qui donne tout de suite envie d’aller plonger dans la plus proche mer/piscine, le même type d’ambiance intimiste et de conflits chargés d’émotions, la même importance donnée au travail d’équipe. Et le personnage principal s’appelle aussi Haruka ! Après la comparaison s’arrête là, cette Haruka est une débutante, ce qui la rapproche plus d’un héros de shonen de sport traditionnel. J’étais prête à sacrifier cette série au profit des autres si elle était médiocre, mais elle ne l’est pas du tout, et je suis prête à continuer si la suite est consistante. 

Music Girls

En déplacement au Japon, Hanako est recrutée dès son arrivée à l’aéroport par le manager de Music Girls, un groupe d’idoles qui a du mal à étendre son influence au-delà d’une poignée de fans dévoués. Les onze autres filles ne savent pas trop quoi en penser : Hanako est une excellente danseuse, mais elle chante comme une casserole !

Ce pilote était regardable, et avait même quelques bons moments, mais je ne vois pas Music Girls s’imposer comme le nouveau phénomène sur le marché des idoles 2D. J’enfonce des portes ouvertes, mais ces derniers temps pour percer être « regardable » ne suffit pas. Je ne pense pas pour autant que le show sera un total flop, comme ses héroïnes il n’est pas dénué de charme, et il y a potentiellement un arc intéressant pour Hanako qui doit apprendre à chanter un peu mieux que ça. Certains éléments par contre m’ont beaucoup moins plu, comme l’immaturité émotionnelle des adultes (le manager et le père de Hanako en particulier sont exaspérants) et la scène où des hommes d’âge moyen évaluent ouvertement l’attractivité physique d’une ado de seize ans. Cette dernière en particulier créé un malaise en clashant avec le ton naïf et l’esthétique ultra moe du pilote. J’ai l’impression qu’ils veulent insérer l’innocence de Love Live (la naïveté des adolescentes, leur amitié sincère) dans un contexte proche de la réalité du métier d’idoles, à la Wake Up Girls. Indépendamment ces deux aspects peuvent fonctionner mais les mélanger demande beaucoup d’adresse (AKB0048 est un bon exemple de réussite), et je n’ai pas trouvé que Music Girls s’en sortait très bien. 

Asobi Asobase – workshop of fun

D’origine américaine, Olivia est née et a été élevée au japon, mais pour se donner un genre elle affecte un accent et fait semblant d’être bonne en anglais. Ça se retourne contre elle quand Kasumi, qui a un niveau d’anglais abyssal, lui demande de lui donner des cours. Olivia refuse mais se laisse entraîner à des challenges stupides en échange de leçons. Les deux filles et Honoka, une amie d’Olivia un peu idiote qui veut être populaire, finissent par créer un club de jeux où elles peuvent faire toutes les bêtises possibles. 

Il y a de bonnes comédies cette saison, mais celle-là est la première à me faire pleurer de rire. J’adore l’humour crétin et le splastick, et cet anime en est rempli, avec en bonus une touche de parodie des shows moe moe kyun slice-of-life (en particulier tous ceux avec des étrangères blondes comme Kiniro Mosaic, Hanayamata…). Et ça commence dès sont générique d’ouverture, trop mignon et innocent pour être vrai. Je disais en parlant de Chio’s School Road que la doubleuse s’éclatait, mais imaginez la même chose avec trois doubleuses déchaînées (mention spéciale à celle qui fait le faux accent d’Olivia, c’est hilarant). En plus du doublage et des dialogues, une grande partie de l’hilarité vient de l’impeccable sens du timing des animateurs et de leur dévouement  à rendre leurs personnages les plus repoussants et déformés possible (j’ai vu ce style définit comme la fusion de Kakegurui, Yuyushiki et Daily Lives of High School Boys, et c’est bien vu). Le ton de l’humour est résolument noir, parfois violent et irrévérencieux, et ils flirtent constamment avec les limites du mauvais goût, ce qui risque de ne pas plaire à tout le monde. De mon côté, j’en redemande !

Les Brigades Immunitaires

Une nouvelle cellule rouge essaie de se repérer dans le labyrinthe d’un corps humain pour apporter des nutriments aux poumons. Lors d’une attaque de germes, elle est sauvée par une cellule blanche et noue avec lui une amitié…incertaine, vu le nombre de cellules rouges et blanches en activité dans le coin ! Quelles aventures attendent encore nos intrépides cellules ?

Comment rendre vos cours de biologie amusants en dix leçons. Même si vous n’avez pas de test de SVT à passer prochainement, Les Brigades Immunitaires est un solide divertissement qui utilise  des ficelles classiques d’un shonen pour éduquer de manière ludique. Nous avons une protagoniste débutante qui découvre son nouveau lieu de travail, plusieurs mentors charismatiques, des méchants au design de super-vilains qui meurent dans des explosions spectaculaires, de l’humour bon enfant, etc. Les personnages sont très stéréotypés, avec des rôles de gentils et de méchants clairement déterminés, mais avec un concept aussi hors du commun on peut leur pardonner de vouloir insérer un peu de familiarité. Même si je n’ai rien suivi des détails sur le fonctionnement du corps humain vu le blocage persistant de mon cerveau de tout ce qui ressemble à une donnée scientifique, j’ai quand même été très divertie par ce pilote, ce qui en dit long sur sa capacité à exploiter son concept de manière fun et créative. L’approche de David Production pour ce projet est assez irréprochable, c’est un beau show bien animé, et il se passe toujours quelque chose d’amusant et de stimulant à l’écran. Après ça reste de l’edutainment, je vais sans doute m’en lasser rapidement, mais j’admire cette entreprise et ça ne m’étonnerait pas qu’elle devienne une référence en la matière.

Holmes of Kyoto

Aoi travaille à Kyoto pour le fils d’un antiquaire qui se fait appeler « Holmes ». Il associe expérience, talent de déduction et culture pour exceller à son métier, qui consiste à expertiser des objets d’art et d’artisanat afin d’en estimer (entre autres) l’origine, l’authenticité et la valeur. Ensemble ils découvrent des belles choses, mais sont aussi confrontés à un réseau de contrefacteurs qui menace dans la région. 

Je suis divisée. D’un côté j’aime beaucoup l’idée d’une série d’enquêtes qui utilise comme point de départ des objets d’art anciens, ça pose tout de suite une atmosphère spéciale. De l’autre…le protagoniste, le « Holmes » du titre, m’énerve déjà. C’est le genre de héros qui sait tout sur tout avant tout le monde, et même si c’est annoncé d’emblée dans le titre ça ne m’a pas empêché d’en être agacée. En plus il utilise ses intuitions et son talent pour percer à jour une lycéenne en grande détresse émotionnelle, qui débarque dans sa boutique désespérée d’obtenir de l’argent. Même s’il n’en profite pas pour l’arnaquer et lui acheter ses précieuses œuvres d’art à bas prix, la manière dont il l’analyse et en fait sa subordonnée immédiatement m’a un peu trop rappelé des techniques de gourous qui cherchent à faire tomber une personne en état de faiblesse sous leur emprise. Bien sûr, on est dans une réalité idéalisée, où tout cela va mener nos protagonistes vers un avenir commun radieux, mais le malaise persiste. Si on ignore cet aspect, c’était un pilote plutôt joli, qui recycle l’indémodable recette du privé de génie et de son assistant enthousiaste en la déplaçant à Kyoto et en exploitant cette idée d’antiquaires- détectives. Je pense que j’aurais beaucoup plus apprécié si les protagonistes avaient un rapport plus égal, et surtout si notre Holmes avait un peu plus d’incertitudes. En l’état des choses, je ne sais pas si j’ai très envie de poursuivre.

Phantom in the Twilight

Les lycéennes chinoises Ton et Shinyao ont décidé d’aller à Londres, la ville chérie de la grand-mère de Ton, pour poursuivre leur scolarité. Le jour de leur arrivée Ton se fait voler sa valise, et un charme transmis par son aïeule la guide au « Cafe Forbidden » où elle se fait aider par Luke et Vlad, respectivement un loup-garou et un vampire. Vlad, qui a connu sa grand-mère, lui efface la mémoire après une nuit mouvementé à combattre des monstres, mais les aventures surnaturelles de Ton sont loin d’être terminées. 

Je crois que c’est l’un des meilleurs pilotes de reverse-harem que j’ai vu. Ils ont trouvé le parfait équilibre entre action, séduction et mystère. Ça manque un peu d’émotions, mais ça pourrait venir plus tard, et s’ils choisissent de maintenir le ton léger comme dans ce pilote ça m’ira très bien aussi. Ton est une héroïne facile à apprécier, charismatique, pleine de vigueur et d’initiative, ravie d’être à Londres, et la seconde partie de l’épisode montre son courage, récompensé par un pouvoir  qui en fait une combattante des forces obscures au même titre que ses alliés masculins. Ces derniers me plaisent, d’abord parce que leur nombre n’est pas délirant : au lieu de quinze prétendants qui se battent pour leur quart d’heure de gloire on en a deux principaux, plus deux sidekicks plus en retrait (je fais la même remarque que pour Island : moins on a de personnages, plus ils ont le temps de les développer), ensuite parce qu’ils sont tout de suite plaisants et ont entre eux une alchimie naturelle, comme Ton et Shinyao. Bien sûr le « Twilight » du titre n’est pas fortuit, et le premier épisode nous donne quelques indices sur une potentielle romance entre Ton et Vlad, mais si cet épisode est représentatif de la suite elle sera secondaire à l’aventure de l’héroïne. Pour l’instant j’adore ce que je vois, et je suis impatiente de voir la suite.

Dropkick on my Devil!

Yurine est passionnée par l’occulte et s’est débrouillée pour invoquer et capturer toutes sortes de créatures, dont une lamia. La lamia (Jashin) essaie régulièrement de la tuer pour retourner en enfer mais Yurine est plus coriace qu’elle en a l’air. 

Jashin essaie de tuer Yurine, échoue, et se fait trucider en deux par cette dernière. Si voir un personnage moe se faire décimer à la tronçonneuse et du sang gicler partout n’est pas un pic d’hilarité pour vous, ça devient très vite très lassant. Ils ont l’air conscients que leur show est du non-sens total vu qu’ils brisent régulièrement le quatrième mur, et leur version de la mythologie et de la religion est du grand Nawak (ils mélangent allègrement paganisme et monothéisme, Médusa est une reine égyptienne ??). Il y a quelques gags amusants parsemés entre les scènes gores, et l’animation dynamique et colorée aide beaucoup à transcender les scènes du manga. Il n’y a pas grand chose à en dire de plus, Dropkick est un show qui appartient à un genre très niche : la comédie gore, et son style rappelle le guro-kawai rendu populaire dans les années 2000 par des artistes comme Junko Mizuno. Ce n’est pas du tout mon genre de comédie, mais indépendamment de mes goûts personnels je trouve que celle-là tourne trop à vide et risque de se retrouver rapidement à court d’idées.

Seven Senses of the Re’Union

Asahi est membre d’une team de légende dans le jeu VR en ligne « Union », où l’on perd son personnage définitivement quand ses points de vie tombent à zéro. Après une quête désastreuse, le personnage d’Asahi est tué, et ses compagnons apprennent, dévastés, que leur amie est morte d’un problème de cœur au même moment. Six ans plus tard l’ancien chef de la team accepte à contre-cœur de jouer à une suite d’Union, où il tombe sur…Asahi, comme si elle n’avait jamais disparu. 

Quelqu’un a regardé avec envie deux des licences les plus lucratives d’Aniplex, Sword Art Online et Ano Hana, et a voulu mélanger les deux pour essayer d’avoir un hit. Je ne pensais pas que ce serait un repompage aussi grossier. On retrouve des éléments de SAO surtout pour le contexte, et tout le reste est copié sur AnoHana. Chaque personnage correspond à un membre de Super Peace Busters avec un design similaire, le chart relationnel est le même, les points essentiels du scénario sont les mêmes, à tel point que je me suis sentie insultée pour les créateurs d’AnoHana. En plus, ce n’est pas le premier show à développer ce thème du deuil prématuré dans un univers de MMORPG, Grimgar of Fantasy and Ash l’a déjà fait avec beaucoup plus de nuance et d’adresse (et surtout sans avoir besoin de copier sur un autre anime). En dehors de ça, c’est loin d’être la pire adaptation de LN de Fantasy que j’ai vue, pour une fois c’est agréable d’en voir une qui ne se vautre pas dans le cynisme, et qui n’essaie pas de satisfaire tous les désirs de son protagoniste en lui servant tout cuit sur un plateau. En plus, même si le pilote recycle AnoHana, ça ne veut pas forcément dire que la suite fera de même, et si la nouvelle Asahi est une sauvegarde du personnage de l’héroïne, Seven Senses peut potentiellement poser des questions intéressantes sur l’intelligence artificielle utilisée pour faire revivre des proches disparus. Pour ceux qui seraient intéressés, ça peut valoir la peine de découvrir ce qu’ils font avec tout ça. 

Banana Fish

A New York, une nouvelle drogue extrêmement dangereuse surnommée « Banana Fish » fait des ravages. Un jeune chef de gang, Ash Lynx, se retrouve en possession de cette drogue qui a réduit son grand-frère à un état de légume, et son boss « Papa Dino » essaie de le capturer pour lui tirer des informations dessus. Quand les hommes de Dino font une descente dans les quartiers d’Ash, ils kidnappent son petit protégé Skip et Eiji, le jeune assistant japonais d’un photographe qui réalise un documentaire sur les gangs. 

C’est la génération juste au-dessus de la mienne qui lisait Banana Fish, et je n’ai pas vraiment de nostalgie pour ce titre, plus de la curiosité pour quelque chose que j’ai toujours regardé de loin. Obtenir une adaptation de ce manga était un rêve pour pas mal de fans et je suis contente qu’il soit réalisé, surtout qu’il n’aurait pas pu tomber entre de meilleures mains. A dix-sept ans Ash vit sa vie à deux cent à l’heure, et ce premier épisode nous impose le même rythme effréné, auquel il est difficile de résister. La dose  importante d’informations et de violence est un peu dure à encaisser, mais Eiji arrive pendant la seconde partie et apporte une fenêtre bienvenue de fraîcheur et d’innocence. Je trouve qu’ils ont absolument cartonné pour la réalisation de ce show, les designs sont criants de charisme, les couleurs pops explosent, la musique a du swing et l’animation est merveilleusement fluide. Comme je le craignais un peu ça ne change rien au fait que ce n’est pas du tout mon genre de show, mais j’admire l’initiative et je la suivrai par procuration sur Twitter à travers les yeux fascinés des autres.

Lord of Vermilion: The Crimson King

Sans crier gare, un phénomène inexplicable plonge Tokyo dans une brume rouge, et ses habitants dans le coma. Cinq mois plus tard, le jeune étudiant Chihiro est la dernière des victimes à se réveiller. Il découvre sa ville envahie par la brume rouge qui retient tout le monde prisonnier, et le dojo où il a été élevé est attaqué par un monstre. Alors qu’il est mortellement blessé, un étrange pouvoir sanglant s’éveille en lui. 

C’est peut-être parce que je n’en n’attendais rien, mais j’ai passé un bon moment devant le pilote de cet anime (qui a le titre le plus redondant que je connaisse, qui a voulu ajouter la traduction de Guren no Ou ?). Il commence par un flash-forward, une sorte de Battle Royale épique entre divers jeunes gens en costumes excentriques, et revient en arrière, utilisant le classique « comment en est-on arrivé là ? ». Ce n’est pas une technique si originale que ça de commencer par tuer tous les protagonistes en ouverture, surtout qu’à la fin de l’épisode, on commence à comprendre que pour ces personnages mourir n’est pas si grave que ça, mais ça a le mérite de capturer l’attention du spectateur. Le reste de l’épisode est beaucoup plus posé et prends le temps de développer un peu qui est Chihiro (un jeune homme au Passé Sombre™) et ses proches avant de nous replonger dans le chaos. Lord of Vermilion évite certains écueils avec ses personnages : ce sont des étudiants qui préparent leur avenir, il n’y a pas de fille mignonne de service pendue au coup de Chihiro, mais à la place un ami d’enfance avec qui il a une solide relation, les personnages féminins qu’on nous présente sont une infirmière goth délicieusement agressive et une femme mystérieuse qui semble être dans le camp des méchants. C’est étonnamment solide pour une adaptation de jeu de stratégie sur arcade, mais la saison est un peu trop chargée pour que je lui accorde une place dans mon planning, et j’ai également peur qu’elle prenne le chemin de Caligula et s’effondre rapidement. 

Grand Blue Dreaming

Iori déménage chez son oncle au bord de la mer, pour être plus proche de l’université d’Izu. A peine arrivé il est abordé par d’autres étudiants qui veulent absolument l’intégrer à leur club de plongée, et qui ont aussi la fâcheuse habitude de boire comme des trous et de se promener à poil. Iori est un peu dépassé par tout ça, et essaie d’échapper à leurs bras musclés, mais toute lutte est vaine. Et qui sait, dans la foulée il pourrait apprécier ce sport et se rapprocher de sa jolie cousine Chisa ?

Cet anime est un vaste prétexte pour mettre en scène des jeux à boire et des hommes musclés agir de la manière la plus irresponsable possible, et j’aime bien ce concept ? En tout cas j’ai suffisamment ri devant ce pilote pour qu’il justifie sa place dans le camp des comédies de l’été que j’ai envie de garder, avec Asobi Asobase et Chio’s School Road. Je ne pense pas que Grand Blue Dreaming se distinguera comme la meilleure, loin de là, la mise en scène et les gags sont beaucoup trop répétitifs pour ça, mais j’aime bien leur sens de l’auto-dérision, et je trouve qu’on n’a pas assez d’animes sur des étudiants qui font la fête et se retrouvent dans des situations compromettantes le lendemain. En plus si on en croit le générique d’ouverture entraînant ils ont l’air très décidé à nous montrer des explorations des fonds marins, et comme Amanchu! m’avait déçue sur ce plan (on avait plus de scènes dans la piscine que dans la mer !) c’est aussi quelque chose qui m’attire beaucoup. Bien sûr je risque de me lasser s’ils ne font pas autre chose que répéter les mêmes gags sans fin, mais pour l’instant ça ne me gêne pas outre mesure. 

Conclusion, précisions sur le reste et recommandations

D’abord, un mot sur les dernières sorties que je compte bien suivre ou essayer : j’ai regardé le pilote de Revue Starlight et le tout début de Sirius the Jeager, et j’ai beaucoup aimé ce que j’ai vu, mais malheureusement ces deux animes ont la poisse avec leur simulcast. D’abord aucun des deux n’est disponible en France, et au niveau international ce n’est pas mieux. Revue Starlight est chez Hidive et a reçu une traduction à l’emporte-pièce, et Sirius the Jeager va subir le même sort que son cousin Kuromukuro : enfermé dans les caves de Netflix, jusqu’à ce qu’ils le sortent quand tout le monde aura oublié son existence. Pour les deux je veux une bonne traduction et une bonne qualité de vidéo, et j’ai décidé d’attendre et de les reprendre quand leur situation se sera un peu éclaircie. Les choses sont un peu plus positives pour la dernière sortie qui m’intéresse : Tsukumogami à louer, qui arrive chez ADN dans une semaine, mais vu son retard sur les autres sorties je ne l’attends pas pour clôturer cet article. Enfin un autre grand anime aux abonnés absents en France est Maquia: When the Promised Flower Blooms, plusieurs pays anglophones vont l’avoir au cinéma, mais nous sommes encore et toujours à la bourre (en France si ça ne porte pas un nom d’auteur reconnu dans les festivals j’ai l’impression qu’ils s’en foutent royal), et s’ils lui réservent le même sort qu’à Silent Voice, on n’est pas rendus. Même chanson pour Liz and the Blue Bird qui a zéro date de sortie.

Côté suites, j’ai vu Yama no Susume S3 et Free Dive to the Future, et les deux sont excellents, et comptent parmi les meilleures animes de la saison. Free! en particulier s’est vraiment amélioré de saison en saison (ma note initiale tournait autour de 6/7 mais là je pense la monter à 8 ou 9) et récompense les fans qui ont regardé entre temps les films et les OVA. Et les deux sont sur Crunchyroll, vous n’avez pas d’excuse pour les rater. Attack on Titan S3 sort dans une semaine, et je pense que je ferai comme d’habitude : regarder deux/trois épisodes et retourner lire le manga.

Enfin j’ai pu voir quelques seconds épisodes qui m’ont aidé à fixer mon opinion sur les nouveautés. Chio’s School Road est ma première recommandation, c’est une comédie très accessible et vraiment hilarante, le second épisode était encore mieux que le premier et m’a rassuré sur la qualité de l’écriture. J’aime aussi beaucoup Asobi Asobase et Grand Blue Dreaming, mais l’appréciation de ces deux-là est beaucoup plus subjective vu leur humour abrasif qui fait déjà polémique. Hanebado! et Harukana Receive! sont mes deux bonnes surprises. Je trouve que le premier est le mieux animé des deux, et le second le mieux écrit. Le premier est très sérieux et met en valeur l’effort physique, le second est léger et plus orienté fanservice. Phantom of the Twilight est aussi dans mon top, même si son public est un peu plus niche que les autres.

Par contre je ne sais pas trop quoi faire d’Angels of Death, après le second épisode je suis encore plus intriguée par le scénario (c’est dur de ne pas aller lire de spoilers) mais Zack commence sérieusement à me taper sur le système, et s’ils ne changent pas un peu la routine de ce personnage très rapidement ça va être compliqué de s’investir. Enfin, j’abandonne Senjuushi et Les Brigades Immunitaires. Le premier est vraiment trop médiocre, et surtout je ne sais pas trop quoi penser de l’absence de fusils chinois (je ne suis pas spécialiste mais ils sont difficiles à ignorer quand on parle de l’histoire des arquebuses et des mousquets !) et de la position de seniors accordée aux fusils japonais, qui n’a pas beaucoup de sens historique. Et Les Brigades Immunitaires comme je le craignais m’a très vite ennuyée avec son second épisode, qui répète trop la dynamique du pilote à mon goût. 

Et voilà ! J’espère que vous avez trouvé votre bonheur là-dedans. Je vous souhaite de bonnes vacances si vous en prenez, et bon courage pour les autres ! Je ne pense pas publier beaucoup d’article cet été, et je vous retrouve normalement à la rentrée. A bientôt !

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Une réflexion sur « Premières Impressions sur les Animes d’Eté 2018 »

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